Maduro veut une constituante rapidement, les violences redoublent

Les Vénézuéliens seront appelés à élire "dans les prochaines semaines" les représentants de l'assemblée constituante qui sera chargée de réformer la Constitution, a annoncé mercredi Nicolas Maduro (photo) dans un discours télévisé alors que de nouvelles manifestations violentes se déroulaient à Caracas. /Photo prise le 3 mai 2017/REUTERS/Marco Bello

CARACAS (Reuters) - Les Vénézuéliens seront appelés à élire "dans les prochaines semaines" les représentants de l'assemblée constituante qui sera chargée de réformer la Constitution, a annoncé mercredi Nicolas Maduro dans un discours télévisé alors que de nouvelles manifestations violentes se déroulaient à Caracas.

Ce projet dévoilé lundi par le président vénézuélien est perçu par l'opposition, mobilisée depuis un mois dans la rue, comme une manoeuvre visant à éviter la tenue de véritables élections que le chef de l'Etat, dont la popularité s'est effondrée en raison de la grave crise économique, aurait peu de chances de remporter.

Le président Maduro souhaite que l'assemblée constituante soit composée pour moitié de personnalités élues mais qui ne seraient pas issues des partis politiques et pour moitié de personnalités désignées, un projet qualifié de "coup d'Etat" par les opposants majoritaires au Parlement.

Mercredi, de nouveaux affrontements entre jeunes et forces de sécurité ont éclaté dans les rues de Caracas alors que la police empêchait les manifestants de marcher vers le Parlement.

"Elles (les forces de l'ordre) sont mobilisées comme s'il s'agissait d'une guerre", a dénoncé le chef de file de l'opposition Henrique Capriles.

Alors que les violences politiques ont fait 33 morts depuis un mois, les opposants se disent déterminés à poursuivre leur contestation jusqu'au bout pour empêcher leur pays de basculer totalement dans la dictature.

"Cela fait 18 ans que nous marchons", a déclaré Miren Bilbao, un retraité de 66 ans présent à la manifestation, en référence à l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le prédécesseur de Nicolas Maduro, en 1999.

"Maintenant nous abattons notre dernière carte. C'est tout ou rien", a-t-il ajouté.

Le président vénézuélien, élu de justesse en 2013 après la mort de son mentor socialiste Hugo Chavez, accuse les opposants de fomenter un coup d'Etat avec le soutien des Etats-Unis et les encouragements de la presse internationale.

Il a présenté sa décision de convoquer une assemblée constituante comme le seul moyen de ramener "la paix" au Venezuela.

(Andrew Cawthorne et Alexandra Ulmer; Tangi Salaün pour le service français)

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