Macron détaille sa vision de la défense pour les prochaines années

France's President Emmanuel Macron gestures as he delivers a speech on defence strategy to present the La Revue nationale strategique (RNS), a new military programming law (2024-2030), on the amphibious helicopter carrier Dixmude docked in the French Navy base of Toulon, Southern France on November 9, 2022. - Emmanuel Macron is on a one-day visit to present the major strategic challenges that France must face, in a global geopolitical grammar disrupted by the war in Ukraine. (Photo by ERIC GAILLARD / POOL / AFP)
ERIC GAILLARD / AFP France's President Emmanuel Macron gestures as he delivers a speech on defence strategy to present the La Revue nationale strategique (RNS), a new military programming law (2024-2030), on the amphibious helicopter carrier Dixmude docked in the French Navy base of Toulon, Southern France on November 9, 2022. - Emmanuel Macron is on a one-day visit to present the major strategic challenges that France must face, in a global geopolitical grammar disrupted by the war in Ukraine. (Photo by ERIC GAILLARD / POOL / AFP)

DEFENSE - En visite à Toulon, Emmanuel Macron a prononcé ce mercredi 9 novembre un long discours consacré à la stratégie de défense française et européenne. Alors qu’une loi de programmation militaire pour la période 2024-2030 dont les financements n’ont encore été annoncés est attendue en début d’année prochaine, le président a fait valoir ses priorités pour les années à venir.

Il s’appuie pour ce faire sur une image : « le rocher et l’aiguille », qui constitueraient les deux faces de la stratégie française. Le rocher : le fait que la France soit « la seule puissance dotée de la force nucléaire en Europe continentale » ; et l’aiguille : « développer une défense européenne crédible, afin de peser dans la force atlantique ».

La défense européenne à « consolider »

« Notre stratégie a porté ses fruits », s’est félicité Emmanuel Macron sur ce second point, parlant d’une « révolution copernicienne » pour certains des partenaires européens. Sans la nommer, il évoque à cet égard l’Allemagne, qui a massivement investi dans son armée afin d’atteindre les 2 % du PIB recommandés par l’Otan.

Il faudra néanmoins « renforcer les liens avec l’Allemagne, partenaire indispensable » a déclaré le président, alors que ses choix industriels se tournent davantage vers les États-Unis, l’une des causes du froid dans le couple franco-allemand. Plus généralement, le président a concédé que son projet de défense européenne « nécessite encore consolidations et confirmations ».

Le Royaume-Uni, autre force nucléaire voisine avec laquelle un sommet bilatéral sera organisé « dans le premier trimestre de l’année prochaine » afin de « reprendre activement le fil du dialogue », n’a par ailleurs pas été oublié dans le discours présidentiel.

Menaces hybrides

À propos de la loi de programmation militaire attendue en début d’année 2023, le président souhaite qu’elle s’adapte à une « nouvelle analyse des menaces ». « Nous devrons disposer dans les cinq ans d’une cyberdéfense de premier plan mondial », a lancé le président de la République, qui met en garde contre « les menaces hybrides » de plus en plus prégnantes.

Emmanuel Macron a longuement insisté sur la stratégie d’influence que la France devra mener et qu’il érige au rang de « fonction stratégique » au sein de la défense en y associant des moyens. « Nous ne serons pas des spectateurs patients » assistant à la propagation de fausses informations ou de narratifs hostiles à la France, a-t-il promis, faisant valoir une « stratégie offensive » dans ce domaine.

Encourager la « force morale de la nation »

Une évolution à noter sur les interventions françaises à l’extérieur : elles seront dorénavant « mieux bornées dans le temps ». Pas question en substance de reproduire les difficultés de l’opération Barkhane au Mali qui a duré neuf ans et qui a officiellement pris fin aujourd’hui. « Nous n’avons en effet pas vocation à rester engagés sans limite de temps dans des opérations extérieures », a justifié le chef de l’État qui plaide pour des « dispositifs plus légers et plus intégrés avec les armées locales ». Une consultation sur ce sujet est prévue avec les pays africains partenaires pour six mois.

Enfin, le chef de l’État entend par cette loi « encourager la force morale de la nation », qu’il perçoit comme le « produit des forces morales des Français ». Il a cité la réserve opérationnelle qui sera développée, le service civique et le service national universel (SNU) parmi les pierres angulaires de ce dernier axe. Il a conclu que cette loi de programmation « devra dépeindre, à travers ses articles, une France unie, autonome et souveraine ; robuste et crédible, respectée, sereine pour son avenir et maîtresse de son destin ».

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