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Macron en conférence de presse : l’opposition a déjà deux griefs, avant même sa prise de parole

POLITIQUE - L’opposition n’attend rien, mais elle risque quand même d’être déçue. Emmanuel Macron prend la parole ce mardi 16 janvier au soir pour assurer le service après-vente de son remaniement et expliquer aux Français ce qu’il veut faire de la suite de son second mandat.

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Fait rare : le président de la République a convoqué une grande conférence de presse à l’Élysée, en présence de son nouveau gouvernement. Le chef de l’État, qui sera interrogé sur l’actualité nationale et internationale, ne s’est prêté qu’une fois à l’exercice dans ce format, le 25 avril 2019, pour solder à l’époque la crise des gilets jaunes.

Dans ce contexte, l’opposition fait déjà entendre plusieurs critiques quant au dispositif souhaité par Emmanuel Macron. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article, ces griefs concernent pour l’instant la date, et l’heure de cet événement.

« Le chef de l’État s’impose dans les foyers français »

Car Emmanuel Macron n’a pas choisi tout cela au hasard. Contrairement à celle de 2019, organisée en fin d’après-midi, à 18 heures, dans le sillage de celles de François Hollande - plus prompt à se plier à la chose - cette conférence de presse présidentielle va débuter à 20 h 15. À une heure de grande écoute.

Elle sera diffusée sur TF1 et France 2, en plein milieu des journaux télévisés des deux chaînes, mais également sur BFMTV, LCI, franceinfo et Cnews. Prévu pour durer une heure et demie à deux heures, cet événement élyséen s’étirera donc sur les horaires du « prime time », soit ceux les plus regardés à la télévision française.

De quoi rappeler des souvenirs à certains. « C’est le retour de l’ORTF quoi », a ainsi estimé Patrick Kanner, le chef des parlementaires socialistes à la Haute Assemblée, ce mardi matin sur Public Sénat, 20 h 15 c’est l’heure du foyer. On se retrouve, on mange. » Pour lui, le « show Macron » à attendre, témoigne même de « l’autoritarisme » du locataire de l’Élysée.

« Moi qui ai assisté à plusieurs conférences de presse de ce type avec François Hollande, c’était l’après-midi avec des reprises le soir, à la télévision, la radio ou la presse écrite. Là, le chef de l’État s’impose dans les foyers français », a-t-il encore critiqué, déplorant un « exercice d’auto-justification » d’un président de la République qui cherche « à se rassurer ».

Griller la politesse à Attal

Dans ce contexte, l’opposition fait entendre un autre grief : cette conférence de presse intervient avant le discours de politique générale du nouveau Premier ministre à l’Assemblée nationale et au Sénat.

C’est une habitude, prise par Emmanuel Macron, de griller la politesse à ses chefs de gouvernement en présentant leur feuille de route en amont de ce passage obligé au Parlement. Il ne va pas déroger à sa règle pour Gabriel Attal. Selon les derniers échos dans le camp présidentiel, le nouvel hôte de Matignon fera son grand oral la semaine prochaine seulement.

De quoi, là aussi, fournir des arguments à l’opposition quant à un président omnipotent. « C’est indélicat qu’il parle avant lui. En principe, un président préside et un Premier ministre gouverne » a ainsi cinglé la députée du Rassemblement national Laure Lavalette sur BFMTV, vingt-quatre heures avant un rendez-vous présidentiel qu’elle juge « castrateur. »

« La prochaine fois il peut faire plus simple, il peut se nommer lui-même directement Premier ministre », a pour sa part fustigé la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, ce mardi matin sur BFMTV, regrettant qu’Emmanuel Macron « parle avant » son chef du gouvernement « pour fixer un cap ou je ne sais quoi. »

« Un président de la République qui incarne à ce point toutes les dérives de la Ve République, c’est inacceptable », a-t-elle encore protesté, en se demandant si Matignon existe encore. De fait, tous les regards sont aujourd’hui braqués sur l’Élysée.

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