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Macha Méril : “À 17 ans, j'ai subi un avortement par un charlatan. Je dois à ça ma stérilité... Je me suis battue comme une diablesse pour le droit des femmes”

À l'occasion de la sortie du documentaire “Macha”, qui sera diffusé le 30 mars prochain sur Ciné+ Classic, Macha Méril a évoqué pour Yahoo son parcours de vie, revenant notamment sur les différents combats qu’elle a menés au cours de son existence dont celui pour les droits des femmes et leur émancipation.

“Je me suis battue comme une diablesse”. C’est par ces mots qu’elle résume son combat pour les droits des femmes. À bientôt 84 ans, Macha Méril a de quoi être fière. Icône du cinéma des années 70 et de la Nouvelle vague, la comédienne a toujours donné de sa personne pour faire bouger les lignes. “Très jeune, j’ai tout de suite senti que j’avais une mission. J’avais besoin de faire quelque chose que seule ma génération pouvait faire”, confie-t-elle au micro de Yahoo.

Nous sommes dans les années 50/60. La pilule n’est pas autorisée en France, un phénomène qui pousse les femmes aux avortements sauvages pratiqués dans des conditions inhumaines qui les meurtrissent, voire les tuent. “Comme toutes les filles de ma génération, j’ai subi un avortement à l’âge de 17 ans”, confie-t-elle tout en précisant avoir dû se rendre en Suisse pour aller jusqu’au bout de sa démarche. Seulement voilà : à son grand désarroi, elle tombe sur un “charlatan” et devient stérile à la suite de l’intervention.

Une épreuve qui la pousse à agir encore plus pour le droit à la contraception. Finalement, en 1967, la pilule devient légale en France et quelques années plus tard, en 1975, c’est l’interruption volontaire de grossesse (IVG) qui est à son tour légalisée par la loi Veil. “À partir du moment où les femmes ont été propriétaires de leur ventre, tout a changé”, rappelle-t-elle.

"Il avait 20 ans, moi 39. Ça a été le coup de foudre"

Ces grandes dates sont donc à jamais marquées dans son esprit, tout comme le 5 octobre 2017, date de popularisation du mouvement #MeToo. “La parole, c’est notre époque. Avec la multiplication des moyens de communication et de connaissance, évidemment qu’il fallait que la parole des femmes se muscle et se libère vraiment”. Pour elle, il n’y a aucun doute, “il était temps de faire le ménage”. “On a toutes été importunées. Il y a beaucoup de gens qui ont abusé de leur position parce que c’est un pouvoir extraordinaire que d’être producteur, metteur en scène ou encore agent. C’est une position de pouvoir énorme”.

Mais hors de question de faire une généralité. Comme elle le rappelle, les hommes ne sont pas tous à mettre dans le même panier. Macha Méril a d’ailleurs vécu de belles histoires d’amour, comme celle avec l’acteur Stéphane Freiss, âgé de 20 ans de moins qu’elle. “Tout le monde se foutait de notre gueule : "Oui, il couche avec sa mère", les gens sont médisants, mais nous on s’en foutait complètement”, se rappelle-t-elle expliquant avoir même envisagé de fonder une famille avec lui, un désir qui ne s’est jamais concrétisé. “On a fait plusieurs tentatives mais ça n’a pas marché”. Finalement, les deux tourtereaux finissent par se séparer, après 7 ans de vie commune. Un coup dur pour la comédienne qui avoue qu'elle "savait" qu'il la quitterait un jour. Quelques années plus tard, elle retrouve son grand amour, Michel Legrand avec qui elle se marie en 2014. “C’était un gentleman, c’était un homme qui donnait une place à la femme. J’ai pu rayonner grâce à cela”.

Eux, qui avaient vécu une jolie idylle dans leur jeunesse, ont fini par se retrouver 40 ans plus tard, une histoire digne des plus beaux contes de fée. Mais quatre ans après leur union, la maladie les frappe, Michel est très malade. “Il ne voulait pas être diminué et donc il m’a pratiquement demandé la permission de partir. Il m’a fait comprendre que peut-être ce n’était pas si grave la mort”, confie-t-elle tout en expliquant être favorable au projet de loi sur la fin de vie. Un projet de loi qui doit être présenté en Conseil des ministres en avril avant d’arriver en séance plénière à l’Assemblée nationale le 27 mai pour une première lecture. “Je connais des couples qui ont décidé de se suicider ensemble quand l’un des deux était malade et que l’autre ne voulait pas rester. C’est magnifique”.

Si elle a tenu à donner son point de vue sur l’aide à mourir, la comédienne d’origine russe s’est également exprimée sur un autre sujet d’actualité qui continue à faire couler beaucoup d’encre, la guerre en Ukraine. “Je ne peux pas supporter que ce pays soit dans l’état où il est”. Mais Macha Méril se veut optimiste : “L’affaire Navalny, c’est l’affaire de trop. Les Russes ont du cœur, ils ne vont pas accepter cette chose-là”, tient-elle à rappeler tout en prédisant “de grands bouleversements” dont une chute prochaine de son régime. “Je pense que Poutine est cuit. C’est de la folie pure qu’il ait fait cette guerre. Ça va le perdre”.