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Méga-bassines : le gouvernement mise à fond sur les réserves d’eau, en pleine crise du monde agricole

Méga-bassines : le gouvernement mise à fond sur les réserves d’eau, en pleine crise du monde agricole (Photo d’ne réserve d’eau à Mauzé-sur-le-Mignon, le 12 avril 2023 dans les Deux-Sèvres)
DAMIEN MEYER / AFP Méga-bassines : le gouvernement mise à fond sur les réserves d’eau, en pleine crise du monde agricole (Photo d’ne réserve d’eau à Mauzé-sur-le-Mignon, le 12 avril 2023 dans les Deux-Sèvres)

AGRICULTURE - En pleine colère agricole, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a affiché ce lundi 22 janvier sa volonté d’accélérer les constructions de réserves d’eau en présentant un fonds de 20 millions d’euros destiné à améliorer le stockage et l’efficacité de l’irrigation.

Le ministre Marc Fesneau a notamment visité en Vendée une réserve d’eau destinée à l’irrigation à Péault, sous une pluie battante, et s’est rendu à Sainte-Hermine, où il a été accueilli par une dizaine d’opposants à ce type de projets, qui pompent dans la nappe phréatique et qu’ils appellent bassines.

Son déplacement intervient alors que se multiplient les manifestations de colère des agriculteurs, dont certains bloquent des axes routiers en Occitanie.

Un « accaparement » de l’eau

La construction de réserves d’eau supplémentaires pour faire face au dérèglement climatique fait partie des revendications soulevées lors des manifestations. Qualifiées de « réserves de substitution » par leurs promoteurs et de « méga-bassines » par leurs détracteurs, ces grands réservoirs remplis par pompage dans les nappes phréatiques sont au cœur d’un conflit d’usage de l’eau dans les Deux-Sèvres voisines.

Les opposants dénoncent un « accaparement » de l’eau par les gros producteurs, au profit de l’agro-industrie et pour l’exportation, qui perpétue un modèle remis en cause par le réchauffement climatique.

En Vendée, territoire comptant depuis des années des réserves de ce type, Marc Fesneau a réaffirmé que le gouvernement allait s’employer à accélérer la construction de telles installations.

« Les délais d’instruction d’un certain nombre de procédures (...) sont beaucoup trop longs (...) avec une volonté pour certains des pétitionnaires au fond de décourager les agriculteurs », a-t-il dit.

« Présomption d’urgence »

Un pacte pour favoriser le renouvellement des générations en agriculture, présenté mi-décembre, prévoit notamment d’accorder une « présomption d’urgence » en cas de contentieux permettant de juger ces dossiers plus rapidement.

L’agriculture en France est à l’origine de 58% de la consommation nationale d’eau pour irriguer les cultures ou abreuver les bêtes.

Déclinaison du Plan eau présenté début 2023 par le gouvernement et prévu dans la loi de finance 2024, un « fonds hydraulique » doit permettre d’investir dans des projets de stockage d’eau, de réutilisation des eaux usées dans les champs ou de modernisation des systèmes hydrauliques.

Il doit donner la priorité aux « projets vertueux : engagements agroécologiques, réduction de la consommation d’eau, évolution des pratiques culturales, etc. », a indiqué le ministère. « Les économies d’eau doivent être réalisées à l’hectare dans le domaine agricole, en investissant notamment dans du matériel d’irrigation le plus efficient possible et/ou en faisant évoluer des assolements », selon une note de l’administration.

L’objectif est d’irriguer davantage de surface à consommation constante en eau.

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