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Ludovic de Saint Sernin et ses slips à la Fashion Week de New York ont un message très politique

Un mannequin défile en slip lors du défilé Ludovic de Saint Sernin, à New York, en février 2024.
CHARLY TRIBALLEAU / AFP via Getty Images Un mannequin défile en slip lors du défilé Ludovic de Saint Sernin, à New York, en février 2024.

MODE - Un Français à New York. Le créateur parisien Ludovic de Saint Sernin, dont le nom est devenu un incontournable de la Fashion Week de Paris au fil des années, a organisé son premier défilé à New York ce dimanche 11 février. Il a rendu hommage au photographe Robert Mapplethorpe, icône queer, au gré d’un vestiaire symbolique.

Dans un décor épuré, au 18e étage d’un gratte-ciel de Manhattan, un homme marche sur le podium, dans une combinaison en cuir noir laissant apparaître son torse, comme le raconte un journaliste de l’AFP, qui a assisté à l’événement.

Puis un autre corps masculin défile presque entièrement nu, à l’exception de bottes, d’un tout petit slip de cuir noir à œillets et d’une cagoule en cuir dont les lacets traversent le visage, semblant faire écho au milieu BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme) documenté par le célèbre photographe.

Ludovic de Saint Sernin s’est inspiré du travail de Robert Mapplethorpe pour sa nouvelle collection.
CHARLY TRIBALLEAU / AFP via Getty Images Ludovic de Saint Sernin s’est inspiré du travail de Robert Mapplethorpe pour sa nouvelle collection.

« Robert (Mapplethorpe) a toujours été mon héros. (...) C’est même la raison pour laquelle j’ai lancé la marque. Lire “Just Kids” de Patti Smith [dans lequel la chanteuse décrit leur relation] a changé ma vie », a souligné, juste après le défilé, le créateur qui s’est fait un nom en revendiquant une mode queer, où le sexe est souvent évoqué.

Photographe emblématique du milieu gay new-yorkais, qui fit scandale pour ses images explicitement sexuelles, mort du sida à 42 ans, Robert Mapplethorpe (1946-1989) a laissé un riche héritage artistique, comme ici sur le podium de la Fashion Week de New York, qui se tient depuis le 9 février.

Ludovic de Saint Sernin, un « enfant de Paris »

Outre ces vêtements en cuir, Ludovic de Saint Sernin a également présenté des tulipes très stylisées, que Robert Mapplethorpe photographiait en noir et blanc, et qui sont apparues en velours sur des hauts délicats et diaphanes en organdi japonais. Le motif revenait aussi sur des minijupes et des robes tout aussi transparentes.

Ludovic de Saint Sernin s’est inspiré du travail de Robert Mapplethorpe pour sa nouvelle collection.
CHARLY TRIBALLEAU / AFP via Getty Images Ludovic de Saint Sernin s’est inspiré du travail de Robert Mapplethorpe pour sa nouvelle collection.

Le défilé a ensuite évolué vers des costumes plus stricts, portés au masculin ou au féminin, évoquant le New York des années 1970 et 1980, puis des tenues de soirée de plus en plus évocatrices, comme ce trench-coat rouge décolleté et très court.

Ludovic de Saint Sernin a aussi revisité le « tailoring » américain des décennies passées.
Arturo Holmes / Getty Images for NYFW: The Shows Ludovic de Saint Sernin a aussi revisité le « tailoring » américain des décennies passées.

« Je voulais m’assurer que ce n’était pas que les photos (...) mais aussi ceux qui sont sur ces photos qui sortent du cadre et viennent sur le podium, explique le créateur, qui a travaillé avec la Fondation Mapplethorpe pour cette collection automne hiver 2024. C’est aussi une exploration de soi. Le défilé commence avec quelque chose de très pur et minimal, et se poursuit avec une exploration du sexe. »

Habitué à défiler à Paris, le créateur, qui a lancé sa marque en 2017, voit New York, « berceau de la culture queer contemporaine », comme une source d’inspiration. Les États-Unis représentent aussi le marché le plus important de la marque, avec un tiers de ses ventes. « C’est ici que je vois le plus de gens porter mes vêtements, dans les rues, les clubs », ajoute le créateur, qui se définit quand même comme « un enfant de Paris ».

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