L'ours détient-il la solution pour lutter contre le diabète ?

L'ours brun parvient à contrôler son insuline (Getty Images/iStockphoto) (Getty Images/iStockphoto)

Des prélèvements ont été réalisés par des chercheurs sur des ours en hibernation. Contrairement à l'Homme, l'ours brun est capable de contrôler son insuline et de limiter le risque de diabète.

En 2019, en France, près de 4 millions de personnes étaient identifiées diabétiques par l'Assurance maladie. Pour mieux comprendre le mécanisme de l'insuline, des chercheurs se sont tournés vers... les ours bruns.

Chaque année, les ours prennent du poids avant d'hiberner pendant les longs mois d'hiver. Un comportement qui n'impacte par leur métabolisme mais qui donnerait du diabète à de nombreux humains. Des chercheurs de l'Université de l'État de Washington (États-Unis) ont trouvé les clés génétiques du contrôle de l'insuline des ours. Une avancée qui pourrait conduire à un traitement du diabète chez les êtres humains.

Les scientifiques ont observé des milliers de changements dans l'expression des gènes pendant l'hibernation, ils ont réussi à isoler huit protéines. "Il semble y avoir huit protéines qui agissent indépendamment ou ensemble pour moduler la sensibilité et la résistance à l'insuline observées chez les ours en hibernation", a rapporté Joanna Kelley, généticienne évolutionniste et auteure correspondante de cette étude dans un communiqué. Avant d'ajouter : "Ces huit protéines ont toutes des homologues humains. Elles ne sont pas propres aux ours. Les mêmes gènes se trouvent chez l'Homme, ce qui signifie qu'il existe peut-être une opportunité directe de traduction". Ces conclusions ont été publiées dans iScience le 21 septembre 2022.

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Hibernation interrompue

Pour comprendre le mécanisme pouvant être responsable de la résistance à l'insuline, les chercheurs ont réalisé un séquençage de l'ARN. Ils ont prélevé des cellules et un sérum sanguin pendant les saisons actives et celles d'hibernation ainsi que pendant une période d'hibernation interrompue. À ce moment, les ours ont été nourris avec de l'eau au miel. "En nourrissant les ours pendant seulement deux semaines pendant l'hibernation, cela nous a permis de contrôler d'autres choses comme la durée du jour et la température ainsi que la disponibilité de la nourriture", a expliqué la généticienne.

Les chercheurs ont placé le sérum de l'hibernation interrompue sur une culture cellulaire prélevée sur des ours en hibernation régulière, ils ont découvert que ces cellules commençaient à présenter des changements d'activité similaires à ceux des cellules de saison active. Grâce à cela, les scientifiques vont maintenant étudier de quelle manière ces protéines fonctionnent pour inverser la résistance à l'insuline.

"C'est un progrès vers une meilleure compréhension de ce qui se passe au niveau génétique et l'identification de molécules spécifiques qui contrôlent la résistance à l'insuline chez les ours", a souligné Blair Perry, co-premier auteur de l'étude. Peut-être un premier pas vers un moyen de prévenir ou de traiter le diabète humain.

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