Lors d’Angleterre-Iran au Mondial 2022, les joueurs iraniens refusent de chanter leur hymne

(FromL) Iran's midfielder #18 Ali Karimi, Iran's defender #19 Majid Hosseini and Iran's defender #02 Sadegh Moharrami listen to the national anthem ahead of the Qatar 2022 World Cup Group B football match between England and Iran at the Khalifa International Stadium in Doha on November 21, 2022. (Photo by Fadel Senna / AFP)
FADEL SENNA / AFP (FromL) Iran's midfielder #18 Ali Karimi, Iran's defender #19 Majid Hosseini and Iran's defender #02 Sadegh Moharrami listen to the national anthem ahead of the Qatar 2022 World Cup Group B football match between England and Iran at the Khalifa International Stadium in Doha on November 21, 2022. (Photo by Fadel Senna / AFP)

COUPE DU MONDE 2022 - Quand la politique s’immisce dans les stades de foot. Les onze joueurs iraniens se sont abstenus de chanter leur hymne national avant le coup d’envoi de leur premier match du Mondial-2022 contre l’Angleterre, ce lundi 21 novembre à Doha.

Les joueurs ont gardé le visage totalement impassible, tandis que sur le banc, un membre de la délégation chantait. Pendant cet hymne, les caméras ont brièvement montré le visage d’une spectatrice d’une cinquantaine d’années, voile blanc sur la tête, le visage baigné de larmes.

« Femme, Vie, Liberté », pouvait-on également lire en anglais sur une banderole dans les tribunes occupées par les Iraniens, qui, retirée, a vite disparu. Les supporters iraniens ont pour leur part sifflé l’hymne national, comme en témoignent des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Mahsa Amini dans toutes les têtes

Durant la semaine, le capitaine de l’équipe iranienne Alireza Jahanbakhsh avait expliqué que les joueurs décideraient « collectivement » de chanter ou non l’hymne national en signe de soutien aux victimes des manifestations durement réprimées dans leur pays. Il a également expliqué que célébrer ou pas un éventuel but durant la Coupe du monde relèverait d’un choix « personnel ».

Depuis le début du soulèvement, causé par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini (22 ans), arrêtée par la police des moeurs à Téhéran pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire strict imposé par le régime, le refus de chanter l’hymne de la République islamique est devenu l’un des leviers les plus spectaculaires utilisés par les sportifs iraniens pour manifester leur soutien au mouvement.

Le 27 septembre, l’équipe nationale de football a ainsi refusé d’entonner ce chant avant un match amical de préparation à la Coupe du monde disputé en Autriche contre le Sénégal (1-1). Vêtus d’une parka noire dépourvue de tout blason et masquant le logo de la Fédération, les joueurs sont restés muets, la plupart la tête baissée.

Ce geste symbolique, parfois couplé au port d’un brassard noir en signe de deuil, a depuis été repris par de nombreux autres sportifs iraniens lors de compétitions à l’étranger.

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