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Ce que l'on sait du naufrage qui a entraîné la mort de 59 migrants au large de l'Italie

Les restes de l'embarcation qui a fait naufrage dimanche au large de Crotone, Italie  - BFMTV
Les restes de l'embarcation qui a fait naufrage dimanche au large de Crotone, Italie - BFMTV

Le drame s'est produit au large de la ville de Crotone, dans le sud de l'Italie. Ce dimanche, une embarcation de fortune sur laquelle avaient pris place entre 120 et 200 migrants a fait naufrage, provoquant la mort d'une soixantaine d'entre eux.

Au fil de la journée, le tragique bilan n'a cessé d'augmenter, et les secours transalpins ont tenté de retrouver des survivants pendant plusieurs heures.

• Les circonstances du naufrage connues

Selon différents médias italiens, l'embarcation surchargée en provenance d'Izmir, en Turquie, s'est échouée ce dimanche à l'aube, à une dizaine de mètres seulement de la côte italienne. Selon les premières constatations, l'embarcation a heurté des rochers en raison d'une forte mer, des conditions climatiques qui ont rendu difficiles les opérations de sauvetage qui ont malgré tout permis de retrouver près de 80 survivants.

Selon un premier bilan transmis en début de journée, une trentaine de passagers ont trouvé la mort dans le naufrage, dont un "nouveau-né de quelques mois." Un chiffre qui est rapidement monté à une quarantaine de morts puis à 59 dimanche en fin d'après-midi.

Sur des images de la police italienne, il ne reste de l'embarcation que quelques débris de bois disséminés sur une centaine de mètres de la plage, où se trouvaient de nombreux secouristes et des rescapés en attente de leur transfert dans un centre d'accueil.

Le président de la République Sergio Mattarella a donné plus de précisions sur l'origine des victimes.

"Un grand nombre de ces migrants venaient d'Afghanistan et d'Iran, fuyant des conditions très difficiles", a-t-il détaillé.

• Les réactions se multiplient

Sur Twitter, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a fait part de sa tristesse après ce naufrage.

"Ils venaient d'Afghanistan, du Pakistan, d'Iran... Profonde émotion suite au terrible naufrage survenu au large de l'Italie. Renforçons la coopération européenne pour éviter ces tragédies qui n'ont que trop duré", a-t-elle écrit.

De son côté, la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé à avancer sur la réforme du droit d'asile dans l'Union européenne.

Après avoir qualifié dans un tweet de "tragédie" la mort de ces migrants et s'être dite "profondément attristée", elle a appelé à "redoubler d'efforts concernant le Pacte sur les migrations et le droit d'asile, et sur le Plan d'action pour la Méditerrainée centrale".

La partie la plus délicate de ce pacte, qui doit être conclu avant la fin de la mandature du Parlement européen en 2024, concerne le meilleur partage des responsabilités dans l'accueil des demandeurs d'asile entre pays de l'UE, une question qui les divise depuis la crise des réfugiés en 2015-2016.

• Giorgia Meloni persiste et signe

Dans un premier temps, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a fait part de sa "profonde douleur" et jugé dans un communiqué "criminel de mettre en mer une embarcation de 20 mètres à peine avec 200 personnes à bord et une mauvaise prévision météo."

"Le gouvernement est engagé à empêcher les départs, et avec eux ce genre de tragédie, et continuera à le faire, exigeant avant tout la plus grande collaboration des Etats de départ et d'origine", a-t-elle toutefois rappelé.

Ce nouveau naufrage survient quelques jours à peine après l'adoption par le Parlement de nouvelles règles controversées du gouvernement dominé par l'extrême droite sur le sauvetage des migrants.

Cette nouvelle loi oblige les navires humanitaires à effectuer un seul sauvetage à la fois ce qui, selon les critiques, augmente le risque de décès en Méditerranée centrale dont la traversée est considérée comme la plus périlleuse au monde pour les migrants.

• Les ONG indignées

Les ONG ne transportent pourtant qu'un faible pourcentage des migrants souhaitant arriver en Europe, la plupart étant sauvés par des navires de la garde côtière ou de la marine.

Le gouvernement accuse cependant les ONG de stimuler par leur action les arrivées de migrants et d'encourager les trafiquants.

"C'est humainement inacceptable et incompréhensible, pourquoi on est là à assister à des tragédies évitables", a écrit pour sa part Médecins sans frontières (MSF) sur Twitter.

"Ce drame qui vient de se passer aurait pu être évité, comme beaucoup de drames, si simplement cette France, cette Italie, cette Europe pouvaient imaginer arrêter de mettre des moyens sur la sursécurisation, et pouvoir imaginer que les moyens doivent être mis sur les sauvetages", explique à BFMTV Yann Manzi, délégué général de l’ONG Utopia 56.

Depuis le début de l'année 2023, 14.000 personnes ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Italie, pays de première entrée qui a accueilli des centaines de milliers de migrants au cours des dernières années et qui reproche ses partenaires de l'UE un manque de solidarité dans la répartition de ces derniers.

Article original publié sur BFMTV.com