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Loire 2023 : l’année des contraires

Anne-Laura Aulon et Victor Robion, du domaine du Matin-Calme, dans le Maine-et-Loire.  - Credit:D.TOULLEC
Anne-Laura Aulon et Victor Robion, du domaine du Matin-Calme, dans le Maine-et-Loire. - Credit:D.TOULLEC

Les sourires n'étaient souvent que de façade lors de la dernière édition du Salon des vins de Loire à Angers, rendez-vous annuel réservé aux professionnels. Après un millésime 2022 réjouissant, en qualité comme en quantité, 2023 fut « nerveusement épuisant » au dire de Jean-Michel Monnier, de Loire Œnologie Promotion, œnologue conseil et professeur associé à l'université d'Angers. Ce fin connaisseur du vignoble ligérien détaille : « On a commencé l'année avec un déficit en eau puis, durant l'été et l'automne, ça s'est inversé, avec une pluviométrie beaucoup plus forte que la moyenne des vingt dernières années. »

Sur la même base de comparaison, le thermomètre s'est, lui aussi, emballé à la hausse : 0,5 °C de plus en moyenne en juillet et en août et jusqu'à 3,2 °C de plus en septembre. « Pluie plus chaleur… on a fait face à un véritable climat tropical », soupire Jean-Michel Monnier.

2023 a imposé un « nettoyage » par tries successives

Au domaine Charles Pain, dans l'appellation chinon, le maître de chai, Johan Philippe, confirme : « C'était notre premier millésime en bio. On a enchaîné en boucle précipitations et chaleur l'année de la certification, ce n'était pas simple à gérer. C'est parti dans tous les sens, on a perdu 20 % de la récolte. Le terroir a fait la différence. Les coteaux ont moins souffert, on a eu très peu de mildiou. Ça a été plus compliqué sur les sables et les graviers en bordure de la Vienne. »

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