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Loi immigration : des milliers de manifestants demandent le retrait du texte avant la décision du Conseil constitutionnel

LOI IMMIGRATION - Protester une dernière fois avant la décision du Conseil constitutionnel. Quatre jours avant une décision très attendue des Sages, les opposants à la loi immigration ont manifesté partout en France, ce dimanche 21 janvier, contre la promulgation d’un texte assimilé à une victoire idéologique « de l’extrême droite ».

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En se ralliant à l’appel lancé initialement par 201 personnalités, les opposants ont voulu rassembler au-delà de la sphère militante traditionnelle pour faire pression sur l’exécutif. Plus de 160 marches étaient prévues dimanche, dont celle de Paris entre Trocadéro et les Invalides, qui a rassemblé 16 000 personnes selon la préfecture de Police. À l’échelle nationale, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 75 000 manifestants, là où la CGT en a dénombré 150 000.

« Cette loi c’est une rupture avec les principes français depuis 1789 pour le droit du sol et depuis 1945 pour l’universalité de la protection sociale », a dénoncé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui a appelé à la mobilisation avec son homologue de la CFDT, Marylise Léon.

« Dérive vers l’extrême droite »

Plusieurs responsables de gauche, dont Manon Aubry (LFI), Marine Tondelier (Ecologistes) et Fabien Roussel (PCF) ont fustigé un exécutif « qui a ouvert le pont-levis aux idées de l’extrême droite », selon Olivier Faure, premier secrétaire du PS.

« Cette loi est une dérive vers l’extrême droite, sur le plan politique, et sur le fond vers la préférence nationale », a observé l’ancien ministre RPR et ex-Défenseur des Droits Jacques Toubon. En cause, les nombreux ajouts du Parlement au texte initial du gouvernement, donnant une coloration très droitière à une loi qui devait initialement reposer sur deux volets, l’un répressif pour les étrangers « délinquants », l’autre favorisant l’intégration.

Désormais, le texte comprend de nombreuses mesures controversées, comme le durcissement de l’accès aux prestations sociales, l’instauration de quotas migratoires, ou le rétablissement du « délit de séjour irrégulier ».

Selon les préfectures, les opposants étaient 2 700 à Rennes, 3 000 à Nantes, 2 500 à Bordeaux, 1 800 à Strasbourg ou 3 500 à Lyon, où le maire écologiste de la ville Grégory Doucet était présent. À Lille, environ 2 000 personnes ont défilé avec en tête de cortège des travailleurs de communautés Emmaüs du Nord, en grève depuis six mois pour dénoncer leurs conditions de travail et demander leur régularisation.

« La loi immigration risque d’avoir des conséquences extrêmement graves, notamment à Marseille », a affirmé dans la cité phocéenne, Fathi Bouaroua, ancien directeur régional de l’association Abbé Pierre. « Ils sont nombreux dans nos restaurants ou entreprises à travailler et font tellement partie du quotidien que c’est inacceptable de ne pas les compter parmi nous. »

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