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Loi immigration : la censure du Conseil constitutionnel met la droite et l’extrême droite en furie

Pour le président des Républicains, la décision des Sages du Conseil constitutionnel est un sacré coup d’arrêt pour les mesures ajoutées par la droite au Parlement.
LUDOVIC MARIN / AFP Pour le président des Républicains, la décision des Sages du Conseil constitutionnel est un sacré coup d’arrêt pour les mesures ajoutées par la droite au Parlement.

POLITIQUE - Une décision vécue comme un véritable camouflet par l’aile droite de l’échiquier politique. Ce jeudi 25 janvier, le Conseil constitutionnel a très largement censuré la loi immigration portée par le gouvernement et adoptée à l’Assemblée nationale le 19 décembre. Mais la plupart des articles retoqués par les Sages de la rue de Montpensier concernent des mesures portées principalement par la droite. Et défendues par l’extrême droite.

Loi immigration : le Conseil constitutionnel censure près de la moitié du texte voté par le Parlement

À l’origine du texte, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est tout de suite félicité que « l’intégralité du texte du gouvernement » soit validée, mais la droite s’est montrée largement moins enthousiaste. À l’image du porte-parole et vice-président des Républicains, Guilhem Carayon, qui dénonce un « hold-up démocratique » qui piétine la « volonté populaire ».

Même son de cloche ou presque pour le patron du parti LR ; Éric Ciotti estime que le Conseil constitutionnel a « jugé en politique plutôt qu’en droit ». Il demande aussi la « révision de la Constitution », ou tout du moins une « réforme constitutionnelle plus que jamais indispensable », afin de « reprendre le contrôle » de la politique migratoire en France.

Bruno Retailleau, sénateur LR et président du groupe au Sénat, a préféré jouer la carte de l’ironie en proposant au Premier ministre Gabriel Attal de faire « sa déclaration de politique générale devant le Conseil Constitutionnel », car selon lui, « ce n’est plus le Parlement qui fait la loi dans ce pays ».

Son homologue de l’Assemblée, Olivier Marleix, exhorte pour sa part le gouvernement à « introduire ces mesures au plus tôt dans un PJL immigration 2 ». Et dans un communiqué signé par Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Olivier Marleix, ils demandent d’une même voix que le gouvernement suive cette idée de « reprendre au plus vite dans un texte législatif spécifique l’ensemble des dispositions invalidées ».

Bardella et le RN réclament un référendum

À l’extrême droite, la décision a également beaucoup de mal à passer. Pour le président du Rassemblement national Jordan Bardella, « le coup de force des juges avec le soutien du président de la République » ne laisse pas d’autres choix qu’un « référendum sur l’immigration ».

Une proposition déjà réclamée par l’extrême droite lors des Rencontres de Saint-Denis, organisées par Emmanuel Macron en novembre dernier. Les chefs de partis alors réunis autour du président s’étaient accordés pour écarter cette idée, au grand désarroi de Jordan Bardella.

La présidente du groupe à l’Assemblée, Marine Le Pen, ajoute dans un communiqué que « seule une réforme de la Constitution permettra de répondre aux enjeux migratoires qui touchent de plein fouet notre pays ».

Bien que dépourvu de siège dans l’hémicycle, la candidate Reconquête aux élections européennes Marion Maréchal Le Pen veut désormais utiliser cette prochaine échéance électorale comme référendum sur la loi immigration. Pour elle, « chaque bulletin Reconquête sera un bulletin contre l’immigration » le 9 juin prochain.

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