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Qui est Liz Truss, favorite pour succéder au Premier ministre britannique Boris Johnson

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La candidate conservatrice Elizabeth Truss pour le poste de Premier ministre britannique, le 29 juillet 2022 - JOE GIDDENS / POOL / AFP
La candidate conservatrice Elizabeth Truss pour le poste de Premier ministre britannique, le 29 juillet 2022 - JOE GIDDENS / POOL / AFP

Donnée favorite pour succéder à Boris Johnson, l'actuelle ministre des Affaires étrangères Elizabeth (dite Liz) Truss, 47 ans, deviendra peut-être dans cinq semaines la troisième femme à la tête d'un gouvernement au Royaume-Uni. Son principal adversaire Rishi Sunak est perçu comme un traître par les fidèles de Boris Johnson, alors que Liz Truss s'attache à souligner les réalisations du futur ex-Premier ministre, entre Brexit et majorité inédite depuis les années 1980.

Elle affirme regretter son départ, qui lui ouvre les portes de Downing Street. Née le 26 juillet 1975, mariée et mère de deux filles, Liz Truss se présente, avec l'enthousiasme des convertis, comme l'incarnation du conservatisme britannique par excellence.

Venue d'un milieu de gauche

Sa présence même chez les conservateurs est loin d'aller de soi: Liz Truss a en effet grandi dans un milieu très à gauche. De son propre aveu, elle provoque la stupeur de ses parents - un père professeur universitaire de mathématiques et une mère militant pour le désarmement nucléaire, qu'elle accompagne enfant à des manifestations avec de faux missiles en carton - en se positionnant en fin de compte franchement à droite.

Dernièrement, elle a été accusée de copier Margaret Thatcher posant chapka sur la tête sur la place Rouge de Moscou, alors que pendant son enfance, Liz Truss a manifesté avec ses parents pour demander le départ de la "Dame de Fer", figure tutélaire pour les conservateurs.

"Je ne connaissais aucun conservateur dans mon école. Tous mes professeurs étaient des partisans du parti travailliste", raconte-t-elle au Guardian.

À la prestigieuse université d'Oxford, où elle a fait des études de philosophie, d'économie et de politique, elle a même présidé le groupe des europhiles libéraux-démocrates.

Une première mandature de députée en 2010

Avant d'entrer en politique, Liz Truss a passé une dizaine d'années dans le privé, comme directrice commerciale notamment, "dans l'industrie de l'énergie et des télécommunications", précise son profil sur le site du gouvernement.

Elle est ensuite conseillère locale dans le sud-est de Londres puis devient députée en 2010, pour la circonscription de South West Norfolk (est de l'Angleterre). En 2012, elle entre au gouvernement et enchaîne depuis les portefeuilles, d'abord secrétaire d'État à l'Éducation, puis ministre de l'Environnement de 2014 à 2016. Elle devient aussi la première femme ministre de la Justice, puis secrétaire en chef du Trésor.

Depuis le début de la campagne, certains se plaisent à ressusciter un surnom qui était le sien quand elle était au ministère de l'Éducation: la "grenade humaine". "Un compliment détourné", a-t-elle récemment estimé dans le tabloïd The Sun, "ça veut dire que je fais les choses".

"Ma philosophie personnelle", confie-t-elle également au quotidien The Guardian, "c'est de donner aux gens l'opportunité de prendre leurs propres décisions".

Une anti-Brexit en 2016

Dès l'arrivée au pouvoir de Boris Johnson en 2019, Liz Truss est nommée ministre des Femmes et de l'Égalité le 10 septembre 2019, mais aussi secrétaire d'État au Commerce international. À ce poste, elle devient le visage des négociations commerciales de Londres post-Brexit et se familiarise avec les circuits diplomatiques. Un changement de bord pour celle qui avait défendu le maintien dans l'UE lors du référendum de 2016 - avant de changer d'avis, disant voir des opportunités économiques dans le Brexit.

Elle s'attelle également à nouer de nouvelles alliances de libre-échange et conclut des accords avec le Japon, l'Australie ou encore la Norvège. Pour certains de ses détracteurs, ces accords ne font que réintroduire des avantages perdus avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Aux affaires étrangères pendant la guerre en Ukraine

Liz Truss est à la tête du Foreign Office (ministère des Affaires étrangères), depuis septembre 2021. À la fois une consécration et une nomination - la deuxième d'une femme à ce poste - perçue comme une manière pour Boris Johnson d'essayer de garder le contrôle sur les ambitions d'une figure montante chez les conservateurs.

À cette place, Liz Truss s'est illustrée par son attitude d'abord conciliante puis intransigeante face à l'Union européenne dans les délicates négociations sur les dispositions post-Brexit concernant la province britannique d'Irlande du Nord. Elle a d'autre part à son actif d'avoir obtenu la libération de l'Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, retenue pendant plus de six ans en Iran pour des accusations de complot qu'elle a toujours niées.

Aux côtés de Boris Johnson, Liz Truss a aussi incarné le soutien massif du Royaume-Uni à l'Ukraine, notamment grâce à des sanctions économiques d'une ampleur inédite. En voyage à Moscou, elle a toutefois commis une importante faute diplomatique en affirmant qu'elle ne reconnaîtrait "jamais" la souveraineté de Moscou sur Rostov et Voronezh. Or ces deux villes proches de l'Ukraine sont russes, et leur appartenance à la Russie n'est pas contestée.

Les résultats le 5 septembre

Les adhérents du parti conservateur britannique ont jusqu'au 2 septembre pour voter par correspondance pour désigner le successeur de Boris Johnson, qui a annoncé sa démission il y a près d'un mois après une succession de scandales. L'annonce du résultat est attendue le 5 septembre.

Selon le Times, un sondage privé donne seulement cinq points d'avance à Liz Truss, là où un sondage YouGov à la fin de la sélection des deux finalistes lui donnait 24 points d'avance.

La cheffe de la diplomatie a reçu ces derniers jours une série de soutiens de figures de son parti ainsi que mardi du Daily Telegraph, quotidien influent auprès de l'électorat conservateur.

Article original publié sur BFMTV.com

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