Publicité

Les livreurs de plats végés vêtus de vert ? Les Indiens craignent pour leur vie privée

Mardi 19 mars, l’entreprise de livraison indienne Zomato annonçant en grande pompe le lancement d’un nouveau service baptisé “Pure Veg Mode”. Celui-ci devait présenter aux clients végétariens un panel d’établissements dans lesquels ils pouvaient commander leurs plats. Zomato ajoutait qu’une flotte de livreurs spéciale serait mise en place : ceux-ci seraient directement identifiables puisqu’ils troqueraient le traditionnel uniforme rouge de la firme pour un accoutrement vert, explique la chaîne de télévision indienne News18. Le patron, Deepinder Goyal, justifiait la mobilisation de livreurs distincts par le fait que les arômes de plats non végétariens puissent imprégner les boîtes de livraison. Environ 30 % de la population indienne est végétarienne.

Mais le fait que les livreurs de plats végés et non végés soient reconnaissables a suscité un grand débat en ligne, remarque le site de la chaîne de télévision India Today. Dans le pays, la préférence pour la nourriture végétarienne s’étend au domaine des castes et aux notions de pureté rituelle associées à l’hindouisme. Dans certains bâtiments résidentiels, la viande est mal vue, voire purement et simplement interdite. Les cas de lynchages visant les personnes soupçonnées de consommer de la viande de bœuf ou de transporter des vaches à l’abattoir ont déjà été rapportés. La journaliste indienne Fatima Khan rappelait également, dans une publication sur X, que des clients ont déjà refusé que des livreurs musulmans soient chargés de leur commande, par peur que “la pureté” de leur nourriture ne soit “détériorée”.

Certains craignent que les habitants des quartiers les plus conservateurs en la matière s’opposent à la venue de livreurs en uniforme rouge, ou qu’ils repèrent les familles n’adoptant pas un régime strictement végétarien. Dans un communiqué, cité par le journal indien Economic Times, le président d’une association de livreurs pour les plateformes, Shaik Salauddin, se demandait “comment l’entreprise comptait assurer la sécurité et la dignité des livreurs”.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :