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Ligue 1: DAZN, Canal+, Mbappé… les clés des droits TV

En surface, rien n’a changé. Depuis l’échec de l’appel d’offre pour les droits TV en octobre dernier, la Ligue 1 n’a toujours pas de diffuseur en France pour la période 2024-2029. La Ligue de football professionnel (LFP) s’est depuis lancée dans la négociation de gré à gré mais reste dépendante de plusieurs acteurs, dont trois principaux: Kylian Mbappé (25 ans) tête d’affiche du championnat de France en fin de contrat avec le PSG en juin, DAZN candidat le plus sérieux mais aussi Canal+, qui n’a pas postulé mais conserve le rôle stratégique de distributeur.

Le prix dépendra de… Mbappé

Dans sa quête du milliard d’euros, la Ligue de football professionnel (LFP) compte plus que jamais sur Kylian Mbappé, dernière megastar de la Ligue 1 après les départs de Lionel Messi et Neymar l’été dernier. Mais l’avenir de l’attaquant en France est très incertain alors que son contrat avec le PSG prend fin en juin. "On est toujours dans le même système", a rappelé dans l’After jeudi, Christophe Bouchet, ancien président de l’OM et auteur du livre ‘Main basse sur l’argent du foot français’. "On a un acteur, la Ligue de football, qui cherche à vendre ses droits et de l’autre, on a un diffuseur important, Canal+, qui n’en veut pas. C’est ça le match. Le championnat de France aujourd’hui est un championnat de deuxième zone, ce n’est pas la priorité des diffuseurs internationaux, ni des plateformes qui jouent un rôle important dans les droits. Comme les articles se succèdent pour évoquer un éventuel départ de Mbappé, ça ne renchérit pas les droits du foot français. On n’est un peu suspendu à un seul joueur, ce qui est un peu catastrophique pour un championnat où il y a 18 clubs."

DAZN, une plateforme aux énormes pertes

Dans ce paysage morose, un candidat se dégage des autres: DAZN. Ce "Netflix du sport" a renforcé son intérêt en annonçant la diffusion de deux matchs par journée de National. Une bonne nouvelle même s’il existe des doutes sur la viabilité financière du géant anglais, selon Christophe Bouchet. "Il ne reste en course que DAZN", lance-t-il. "C’est une plateforme OTT qui fait du sport. Il y a quand même un petit sujet avec DAZN - et on a encore en mémoire ce qu’il s’est passé avec Mediapro -, c’est une entreprise qui perd un milliard d’euros par an. Ce n’est quand même pas le partenaire idéal pour avoir un deal très sécurisé et ils sont seuls. La Ligue veut un milliard mais le championnat vaut entre 500 et 600 millions d’euros. La partie de poker a commencé."

Le rôle capital de Canal+

Fâché avec la LFP depuis l’épisode Mediapro et la réattribution des lots à Amazon Prime Vidéo contre un prix jugé ridiculement bas, Canal+ reste un acteur majeur de cette négociation sur les droits. Le groupe n’a pas formulé d’offre mais conserve un rôle stratégique dans la distribution. "Canal a deux casquettes très importantes et différentes: la première, c’est la chaîne que tout le monde connaît et la deuxième, c’est une plateforme de distribution des autres chaînes. Ce sont eux qui ouvrent ou ferment le robinet pour les autres chaînes. C’est ce qui est arrivé à Mediapro qui avait réservé les droits du championnat fort cher avant d’aller voir Canal en disant: ‘vous allez nous distribuer’. Canal a dit non."

Et les relations très dégradées entre la LFP et la chaîne de Vincent Bolloré n’arrangent pas les choses. "Vincent Bolloré et Maxime Saada sont vraiment fâchés (avec Labrune)", fait remarquer Bouchet. "Canal réagit de façon industrielle. Aujourd’hui, il n’y a plus d’acteurs sur le marché. Canal fait des tableurs et dit: ‘comme on n’aura pas plus d’1,5 million de téléspectateurs, le championnat vaut 550-600 millions d’euros’." Bien loin du milliard.

Article original publié sur RMC Sport