Liens entre Macron et Uber: Corbière (LFI) envisage une commission d'enquête parlementaire

Le député insoumis Alexis Corbière à Montreuil le 13 juin 2021 - Alain JOCARD © 2019 AFP
Le député insoumis Alexis Corbière à Montreuil le 13 juin 2021 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Le député LFI Alexis Corbière envisage la création d'une commission d'enquête parlementaire suite aux révélations de presse sur les liens qui ont uni le président Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, et la société Uber, et a demandé au chef de l'Etat de s'expliquer.

Les oppositions politiques mais aussi des syndicalistes multiplient depuis dimanche les critiques contre le président de la République à la suite des informations des "Uber Files", une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber adressés par une source anonyme au quotidien britannique The Guardian et transmis au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et à 42 médias partenaires.

Dans ce cadre, Le Monde s'est intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron à l'époque où il était ministre de l'Economie (2014-2016) et conclut à l'existence d'un "deal" secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy.

"C'est très grave, l'idée que Monsieur Macron a, dans ce pacte secret avec une entreprise, dérégulé la réglementation en matière de taxi", a accusé sur Public Sénat le député de Seine-Saint-Denis.

"Quelles leçons en tirer? Evidemment poser la question lorsqu'on peut s'adresser au gouvernement, une commission d'enquête également", a-t-il ajouté. Le groupe LFI à l'Assemblée comptait initialement utiliser son droit de tirage pour une commission d'enquête sur l'inflation.

Macron "fait le choix du monde des affaires"

"Le minimum, c'est qu'il explique ce qu'il a fait et comment il a contribué à non seulement faire en sorte qu'Uber s'implante en France, mais, grâce à une loi qui s'appelle la loi Macron, découdre une partie du code du travail pour favoriser ce type d'activité, et notamment les conséquences sociales sur les salariés", a déploré sur franceinfo le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

"Ce n'est pas une nouvelle qu'Uber soit à ce point dans une logique de lobbying pour déréguler, pour se faire de l'argent en tenant assez peu compte de ce qui existe en terme de droit dans les pays et surtout en terme de droits des travailleurs concernés", a relativisé sur Europe 1 le patron de la CFDT Laurent Berger.

Emmanuel Macron "fait le choix du monde des affaires, de ces multinationales, au lieu de penser à la protection des Français, la protection du travail", a déploré sur notre antenne le patron du parti communiste Fabien Roussel.

La patronne des députés Renaissance (ex-LaREM) Aurore Bergé a balayé ces critiques. "C'est formidable un pays qui s'offusque qu'un ministre de l'Économie reçoive des chefs d'entreprise de manière totalement public dans un débat qui était un débat parlementaire", a-t-elle contre-attaqué sur Cnews.

"Il n'y a pas de deal, il n'y a pas de contrepartie, il y a un ministre qui a reçu de grands chefs d'entreprise et c'est normal", a-t-elle ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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