Publicité

L'homosexualité d'Alexandre le Grand dans une série Netflix fait polémique en Grèce

La série documentaire de Netflix Alexandre le Grand: Au rang des dieux, en ligne depuis le 31 janvier dernier sur la plateforme de streaming, suscite le courroux de la Grèce. Lina Mendoni, ministre de la Culture du pays, a vivement critiqué mi-février à la Vouli, le Parlement grec, ce programme qui met en scène l'histoire d'amour entre le roi et son général Héphaistion.

Alexandre le Grand: Au rang des dieux, série créée par Tony Mitchell, mêle entretiens avec des spécialistes et scènes reconstituées. Pour Lina Mendoni cette "fiction de très mauvaise qualité, au contenu faible, et aux inexactitudes historiques" est "en quête de sensationnel" et portée par "une mauvaise mise en scène", rapporte Le Figaro.

"Si la plateforme estime qu'il s'agit d'un documentaire avec des scènes de fiction, c'est surtout une mauvaise fiction, très éloignée des événements historiques tels qu'enregistrés dans les écrits antiques et documentés par la recherche archéologique", a encore réagi Lina Mendoni.

"Propagande"

Le quotidien grec Eléftheros Týpos a de son côté dénoncé dans un article "une déformation de la réalité" et accusé Alexandre (2004), biopic signé Oliver Stone, d'avoir débuté "une campagne de propagande sur l'homosexualité d'Alexandre" en évoquant à l'écran la bisexualité du roi grec.

Dimitris Natsiou, président du Niki, parti d'extrême droite connu pour ses positions homophobes, a déclaré que la série était "déplorable, inacceptable et une entorse à l'histoire" pour "faire accepter l'idée que l'homosexualité était acceptée à l'Antiquité, une idée sans fondement."

Alors que Dimitris Natsiou a demandé au gouvernement d'agir contre Netflix, Lina Mendoni a répondu que cela serait anticonstitutionnel et une atteinte au concept de liberté artistique, qui a été intégré à la Constitution de la Grèce au début du XIXe siècle. "Le ministère de la Culture n'exerce aucune censure", a-t-elle fait savoir.

"Le ministère de la Culture n'a pas comme fonction de mener des actions qui peuvent aboutir à des poursuites judiciaires ou des interdictions, ou de limiter ou de contrôler le partage de l'information et des idées - et ce n'est pas son but non plus de faire de la prévention ou de la répression", a-t-elle encore ajouté.

Bisexualité courante à l'Antiquité

"L'inspiration des artistes et leurs analyses personnelles (...) ne peuvent pas, évidemment, être soumis à une forme de contrôle (...) Mais ils peuvent être jugés et évalués par chacun d'entre nous, par la communauté internationale. C'est ainsi que Netflix est jugé", a-t-elle conclu.

L'histoire d'amour entre Alexandre et Héphaistion fait débat depuis des années. Selon Le Figaro, qui rappelle que les relations bisexuelles étaient courantes à l'Antiquité, un seul texte fait figure de source officielle: un écrit de l'historien Diodore de Sicile, "probablement écrit vers les années 30 avant J.-C., soit après la mort d’Alexandre".

Cette polémique rappelle la réaction de l'Égypte l'année dernière à une autre série documentaire de Netflix mettant en scène Cléopâtre sous les traits d'une actrice noire. Cléopâtre avait la "peau blanche et des traits hellénistiques", avait alors réagit le ministère égyptien des Antiquités.

Article original publié sur BFMTV.com