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"Un leurre", "pas le droit"... La proposition de Pradié pour un référendum sur l'immigration fait flop chez LR

Le député du Lot veut déposer une demande de référendum d'initiative partagée pour limiter l'immigration. Mais les ténors du parti disent non et misent plutôt sur leur future proposition de loi.

Une idée qui passe mal dans les rangs de la droite. Les députés Aurélien Pradié et Pierre-Henri Dumont ont appelé ce dimanche à un référendum d'initiative partagée (RIP) pour mettre fin à l'immigraton familiale "subie sous-qualifiée" pour passer à une immigration de travail "choisie surqualifiée". Mais les figures du mouvement ont déjà fermé la porte.

À commencer par le président du Sénat Gérard Larcher. "Il faut éviter de lancer des leurres qui perturbent nos concitoyens", a ainsi jugé le patron de la chambre haute sur RTL ce dimanche.

Avant de lâcher: "Je ne peux pas être favorable à un RIP sur ce sujet car c'est constitutionnellement impossible".

Des demandes de RIP rejetées

Si la Constitution permet bien sur le papier d'organiser ce type de consultation, elle a tout du parcours du combattant. Il faudrait d'abord que cette demande soit avalisée par 185 parlementaires - un chiffre qui ne pose pas de problème puisqu'au Sénat, la droite compte 145 sénateurs et une soixantaine d'élus à l'Assemblée nationale - puis récolter le soutien de 10% des électeurs soit 4,87 millions.

Mais les recours aux RIP n'ont jusqu'ici jamais abouti. Les deux dernières demandes, déposées par la gauche sur les retraites, ont été rejetées par le Conseil constitutionnel. Le RIP sur la privatisation d'ADP qui avait été, lui, validé par les Sages, n'avait pas abouti, faute de signatures.

Olivier Marleix, le patron des députés LR, n'est guère plus tendre. "On n'a pas le droit de faire de référendum d'initiative partagée en matière d'immigration", a lancé sur France info le député de l'Eure-et-Loir, tout en se disant convaincu que la France va dans le mur "avec des politiques de gauche en la matière".

Prestations sociales, visas et doubles peines

Pour être validé par le Conseil constitutionnel, la demande de RIP doit porter le caractère d’une "réforme" qui change concrètement la loi. Fixer un quota maximum de personnes à accueillir pourrait ne pas cocher cette case.

Mais Aurélien Pradié juge, lui, que les trois pans précis qu'il souhaite soumettre rentreraient dans le cadre exigé: accès aux prestations sociales, délivrance de visas et double peine.

Si la manœuvre sans l'assentiment de son parti n'a quasiment aucune chance d'aboutir, elle a le mérite de permettre au député du Lot de reprendre la lumière médiatique, après avoir gagné en notorité avec sa vive opposition à la réforme des retraites.

Une proposition de loi

Dans son camp, on mise désormais sur une proposition de loi "d'ici fin mai-début juin" sur l'immigration. Élisabeth Borne avait annoncé fin mai le report du projet de loi gouvernemental sur cette thématique. "Le compte n'y est pas" avec les LR, avait avancé la Première ministre qui ne peut pas se passer des voix de la droite pour faire voter des textes. De quoi pousser la droite à vouloir avancer par elle-même.

Mais le tour de vis proposé par la droite devrait être bien plus sévère que celui initié par la majorité présidentielle qui voulait, tout en accélérant les délais d'expulsion, créer un titre de séjour sur les métiers en tension pour les travailleurs irréguliers. Rares devraient être les députés Renaissance à la voter. Autant dire que cette proposition de loi n'a guère plus de chance que le RIP d'aboutir.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Retraites: verdict des Sages sur une seconde demande de référendum