Les USA n'excluent pas de déployer un porte-avions dans le détroit d'Ormuz

James Malloy (photo), le commandant des forces navales américaines au Moyen-Orient, a déclaré jeudi à Reuters que les informations des services de renseignements indiquant l'existence de menaces de l'Iran ne l'empêcheront pas d'envoyer un porte-avions dans le détroit d'Ormuz si nécessaire. /Photo prise le 11 janvier 2019/REUTERS/Andrew Caballero-Reynolds

WASHINGTON (Reuters) - Le commandant des forces navales américaines au Moyen-Orient a déclaré jeudi à Reuters que les informations des services de renseignements indiquant l'existence de menaces de l'Iran ne l'empêcheront pas d'envoyer un porte-avions dans le détroit d'Ormuz si nécessaire.

Le vice-amiral James Malloy, commandant de la 5e flotte basée à Bahreïn, n'a pas précisé s'il enverrait le groupe aéronaval du porte-avions Abraham Lincoln dans cette voie navigable stratégique au large de l'Iran, par laquelle transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde.

Le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison blanche, John Bolton, a annoncé dimanche le déploiement du porte-avions Abraham Lincoln et de bâtiments de soutien, dont des bombardiers, au Moyen-Orient afin de signaler clairement à Téhéran que toute attaque contre les intérêts de Washington ou de ses alliés serait sanctionnée.

Le groupe aéronaval a transité jeudi par le canal de Suez dans la mer Rouge et se trouve désormais sous le commandement de Malloy.

"Si je dois le faire entrer dans le détroit, je le ferai", a déclaré Malloy lors d'un entretien téléphonique. "Je ne suis ni contraint ni mis au défi de l'exploiter où que ce soit au Moyen-Orient."

L'Iran a rejeté les allégations de menaces, les qualifiant de "faux renseignements". Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accrues depuis l'annonce par Donald Trump, en mai dernier, du retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le rétablissement progressif des sanctions économiques visant l'Iran.

James Malloy a confirmé que les forces américaines opéraient dans un état de préparation élevé mais que l'armée américaine ne se préparait pas à une guerre avec l'Iran.

"Je ne suis pas sur le pied de guerre (...) mais nous sommes absolument prêts à réagir à toute agression contre les Etats-Unis, nos partenaires dans la région ou nos intérêts", a-t-il déclaré.

Donald Trump a invité jeudi l'Iran au dialogue concernant son programme nucléaire, mais n'a pas exclu une confrontation armée, compte tenu des tensions bilatérales.


(Phil Stewart, avec Idrees Ali; Arthur Connan pour le service français)