Les USA imposent de nouvelles sanctions à la Russie sur l'Ukraine

Les Etats-Unis ont imposé mardi de nouvelles sanctions à 38 personnalités et entités en raison du rôle de Moscou dans le conflit ukrainien et prévenu que celles-ci ne seraient pas levées tant que la Russie ne se sera pas totalement retirée de l'est de l'Ukraine. /Photo prise le 16 juin 2017/REUTERS/Sergei Karpukhin

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont imposé mardi de nouvelles sanctions à 38 personnalités et entités en raison du rôle de Moscou dans le conflit ukrainien et prévenu que celles-ci ne seraient pas levées tant que la Russie ne se sera pas totalement retirée de l'est de l'Ukraine.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé une décision "regrettable" illustrant selon lui la "russophobie" rampante à Washington.

Les nouvelles sanctions visent des responsables ukrainiens et russes ainsi que des sociétés que les autorités américaines accusent d'avoir aidé Moscou à resserrer son emprise sur la péninsule de Crimée, annexée en 2014, indique le département du Trésor dans un communiqué.

Elles ont été dévoilées au moment où le président ukrainien Petro Porochenko était reçu à la Maison blanche par le vice-président américain, Mike Pence, avant un entretien avec Donald Trump et son conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster, dans le bureau Ovale.

Dans un communiqué publié à l'issue de l'entretien, la Maison blanche indique que celui-ci a porté sur "le soutien à une solution pacifique au conflit dans l'est de l'Ukraine et le programme de réformes et de lutte anticorruption du président Porochenko".

Elle ne fait allusion ni aux nouvelles sanctions contre la Russie, ni à les accords de Minsk dont le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, a dit la semaine dernière que Washington pourrait se désengager pour ne pas avoir "les mains liées".

PAS D'ALLÈGEMENT DES SANCTIONS À COURT TERME

Dans son propre communiqué, le département du Trésor insiste en revanche sur le cadre fourni par les accords signés en 2015 par Moscou et Kiev dans la capitale de la Biélorussie après une médiation franco-allemande.

"Il ne peut y avoir d'allègement des sanctions tant que la Russie n'aura pas rempli ses obligations dans le cadre des accords de Minsk", déclare le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

"Ces sanctions vont maintenir la pression sur la Russie pour qu'elle oeuvre à une solution diplomatique", ajoute-t-il.

Le porte-parole de la Maison blanche, Sean Spicer, a de son côté déclaré pendant son point presse quotidien en prévenant que les sanctions seraient maintenues "jusqu'à ce que les Russes quittent l'est de l'Ukraine".

A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a affirmé que les nouvelles sanctions n'affecteraient en rien la politique russe.

"Nous sommes convaincus d'être dans notre bon droit... Nous poursuivrons notre politique de manière stable et constante", a-t-il dit, selon des propos rapportés par l'agence Ria.

La semaine dernière, le Sénat américain a voté une loi qui impose de nouvelles sanctions à la Russie et limite le pouvoir de Donald Trump de les lever, ce qui traduit, selon les experts, la défiance des parlementaires envers la politique de la Maison blanche à l'égard de Moscou.

Selon Peter Harrell, chercheur spécialisé dans les sanctions au Center for a New American Security, les mesures dévoilées par l'administration Trump mardi peuvent être interprétées dans ce contexte comme un signal rassurant adressé au Congrès.

(Joel Schectman, avec Doina Chiacu à Washington et Vladimir Soldatkin à Moscou; Tangi Salaün pour le service français)

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