Les pénuries menacent les Irakiens de Falloudja

Déplacés fuyant les violences à Falloudja, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad. Le gouverneur de la province irakienne d'Anbar a appelé la coalition conduite par les Etats-Unis à parachuter des vivres et des médicaments dans cette ville irakienne, où des dizaines de milliers de civils sont pris au piège. /Photo d'archives/REUTERS (Reuters)

par Stephen Kalin BAGDAD (Reuters) - Le gouverneur de la province irakienne d'Anbar a appelé la coalition conduite par les Etats-Unis à parachuter des vivres et des médicaments à Falloudja, où des dizaines de milliers de civils sont pris au piège. La ville, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, est contrôlée par l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) mais assiégée par les forces gouvernementales irakiennes. "Aucune force ne peut y entrer et sécuriser (l'acheminement d'une aide). Il n'y a pas d'autre option que celle d'un transport aérien", a dit Sohaïb al Raoui, interrogé tard lundi soir par la chaîne de télévision Al Hadath TV. D'après des habitants joints par téléphone, la population de Falloudja souffre de pénuries d'aliments, de médicaments et de carburants. Selon les médias irakiens, une dizaine de personnes sont mortes de faim ou faute de soins. Le gouverneur Raoui a ajouté que les djihadistes de l'EI avaient miné le pourtour de la ville et empêchaient les habitants de fuir. Falloudja est tombée aux mains du groupe d'Abou Bakr al Baghdadi dès janvier 2014, six mois avant que la prise spectaculaire de Mossoul, dans le nord, ne marque l'émergence des djihadistes sunnites de l'EI qui contrôlent aujourd'hui de larges portions des territoires irakien et syrien et s'implantent en Libye. La ville, encerclée par l'armée, la police irakiennes et des milices chiites, est soumise à un siège quasi total depuis la fin de l'an dernier. Les autorités irakiennes, qui ont repris fin décembre le centre de Ramadi, chef lieu de la province d'Anbar, 50 kilomètres plus à l'ouest, n'ont pas dévoilé leurs intentions concernant Falloudja mais semblent se focaliser davantage sur la reconquête de Mossoul. D'après la coalition, quelque 400 djihadistes de l'EI se trouvent dans Falloudja. Des experts militaires estiment que le chiffre véritable est plus proche de 1.000. Lise Grande, coordinatrice de l'Onu en Irak pour les questions humanitaires, a déclaré que les conditions de vie y étaient "terribles". "Nous sommes extraordinairement inquiets des informations non confirmées faisant état de décès par manque de médicaments ou du fait de la famine", a-t-elle dit à Reuters. (Henri-Pierre André pour le service français)

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles