La Corée du Sud renforce son état d'alerte face au Nord

par Ju-min Park et Ben Blanchard
La Corée du Sud a déclaré vendredi être de nouveau en état d'alerte renforcée en prévision d'un nouvel important anniversaire chez son voisin du Nord, qui pourrait être l'occasion d'une nouvelle démonstration de force et peut-être d'un sixième essai nucléaire. /Photo prise le 15 avril 2017/REUTERS/Sue-Lin Wong

par Ju-min Park et Ben Blanchard

SEOUL (Reuters) - La Corée du Sud a déclaré vendredi être de nouveau en état d'alerte renforcée en prévision d'un nouvel important anniversaire chez son voisin du Nord, qui pourrait être l'occasion d'une nouvelle démonstration de force et peut-être d'un sixième essai nucléaire.

Washington a fait état d'un niveau d'activité inhabituel des bombardiers chinois, laissant entendre que l'armée de Pékin se tenait en alerte.

Lors d'une conférence de presse, le président Donald Trump a parlé de "certains mouvements très inhabituels dans les deux à trois dernières heures" et s'est dit persuadé que le président chinois, Xi Jinping, essaierait "très fort" de faire pression sur son allié et voisin nord-coréen.

Aucun des responsables américains qui ont signalé un renforcement de l'activité des bombardiers chinois ne s'est montré inquiet ni n'a laissé entendre qu'il en connaissait la raison précise.

Le ministère chinois de la Défense a fini par démentir que son armée de l'air soit en état d'alerte renforcée, déclarant vendredi soir que ses troupes à la frontière avec la Corée du Nord étaient dans un état de préparation et d'entraînement "normal".

Pyongyang célébrera mardi le 85e anniversaire de la création de l'Armée populaire et, comme souvent en pareille occasion, pourrait marquer l'événement en effectuant un nouvel essai balistique nucléaire, au mépris des sanctions internationales.

C'est la crainte exprimée par les autorités à Séoul.

Des discussions entre responsables sud-coréens, américains et japonais auront lieu mardi, a dit vendredi le ministère sud-coréen des Affaires étrangères, afin "d'étudier comment faire face aux nouvelles provocations de la Corée du Nord".

Des manoeuvres militaires annuelles américano-sud-coréennes se déroulent actuellement, ce jusqu'au 28 avril. Pyongyang taxe traditionnellement ces manoeuvres de "préparatifs d'invasion".

Le porte-parole du ministère sud-coréen de l'Unification, Lee Duk-haeng, a relevé vendredi que ces manoeuvres signifiaient que de "nombreux atouts stratégiques" étaient déployés dans la région "face à une situation où beaucoup d'équipement (militaire) est massé en Corée du Nord".

RENFORCEMENT MILITAIRE RUSSE?

"Nous suivons la situation de près et nous ne baisserons pas la garde", a ajouté le porte-parole.

Dans le même temps, le porte-avions américain Carl Vinson et son groupe aéronaval font toujours - officiellement - route vers la péninsule de Corée.

Dans l'Extrême-Orient russe, des habitants, cités par des médias, ont dit avoir vu passer des convois de matériel militaire se dirigeant vers la frontière nord-coréenne, mais le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est refusé à tout commentaire à ce sujet.

Face aux tensions, Donald Trump a salué jeudi les efforts de la Chine pour contenir "la menace de la Corée du Nord", après de nouvelles mises en garde des médias officiels nord-coréens.

Interrogé vendredi sur les déclarations du président américain, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a souligné que le numéro un chinois Xi Jinping et Donald Trump avaient eu une discussion approfondie sur la Corée du Nord lors de leur sommet en Floride, ce mois-ci.

"Je peux seulement vous dire qu'au travers des échanges approfondis entre la Chine et les Etats-Unis à différents échelons, y compris au plus haut niveau, les Américains ont désormais une compréhension plus complète et plus juste de la position de la Chine, ainsi qu'une meilleure compréhension des efforts de la Chine", a dit Lu Kang.

Le journal chinois en langue anglaise China Daily écrit qu'il y a lieu d'espérer de pouvoir convaincre Pyongyang à renoncer à son programme nucléaire sans qu'il y ait recours à la force, "maintenant que même Donald Trump, adepte d'un discours musclé, est prêt pour une solution pacifique".

"Pékin a fait part de son enthousiasme pour l'intérêt manifesté récemment par les Etats-Unis pour une solution diplomatique et pour sa volonté d'y travailler plus fortement", écrit le China Daily dans un éditorial.

Dans le cadre de son actuelle tournée en Asie, le vice-président américain, Mike Pence, a dit pourtant à plusieurs reprises que la "phase de patience stratégique" de Washington envers la Corée du Nord était révolue.

(Julie Carriat, Gilles Trequesser et Eric Faye pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages