Les combats au Yémen ont fait plus de 540 morts en deux semaines

Dans les décombres d'une habitation détruite par un raid aérien dans le village de Bait Rejal, à l'ouest de Sanaa. Les Nations unies ont déclaré mardi que 549 personnes avaient été tuées au Yémen et plus de 1.700 autres blessées en deux semaines de combats, jusqu'à la date du 3 avril. /Photo prise le 7 avril 2015/REUTERS/Khaled Abdullah (Reuters)

SANAA (Reuters) - Les Nations unies ont déclaré mardi que 549 personnes avaient été tuées au Yémen et plus de 1.700 autres blessées en deux semaines de combats, jusqu'à la date du 3 avril. Ce bilan comprend au moins 217 morts civils et 516 blessés civils, dont bon nombre tombés lors des attentats suicide contre deux mosquées de Sanaa, qui ont fait 137 morts le 20 mars. Au moins 74 enfants ont été tués depuis le début des frappes aériennes de la coalition arabe, le 26 mars, a dit le porte-parole de l'Unicef, Christophe Boulierac. La coalition formée par l'Arabie saoudite a mené mardi une série de raids aériens contre une base militaire aux mains des miliciens chiites houthis et de leurs alliés de l'armée dans le centre du Yémen, causant la mort de deux élèves d'une école voisine, selon le ministère de la Défense tenu par les rebelles. Cinq bombes, qui visaient probablement des postes de défense antiaérienne et les quartiers des soldats, se sont abattues mardi sur une caserne de la Garde républicaine située près d'Ibb, à 160 km au sud de Sanaa, a-t-on précisé de sources militaires. Le commandant de la base a été blessé, dit-on de mêmes sources. Massirah, la chaîne de télévision des Houthis, fait quant à elle état de trois morts parmi les élèves de l'école voisine. D'autres raids ont été menés dans la nuit près de Sanaa, où des arsenaux ont été visés, et plus au nord, à Sanhan, ville natale de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, qui s'est rallié aux Houthis, tout comme les unités de l'armée qui lui sont restées fidèles. Des positions militaires ont également été bombardées près de la ville portuaire d'Hodeïda ainsi que dans les provinces de Saada et d'Hadja, frontalières de l'Arabie saoudite, et à Makaïras, 150 km au nord-est d'Aden. Après les intenses bombardements de la veille, les Houthis semblent en outre avoir quitté la base militaire d'Al Anad, au nord d'Aden. La métropole du Sud est le dernier bastion des fidèles du président Abd-Rabbou Mansour Hadi. Une autre base tenue par les miliciens chiites a été prise pour cible à Dhalea, toujours dans le Sud. Face à la violence des combats, qui ont fait des centaines de morts, l'Unicef dit craindre une catastrophe humanitaire. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a l'intention d'acheminer 48 tonnes d'aide médicale et autres produits de première nécessité au cours des deux jours à venir. (Mohammad Ghobari au Caire,Mohammed Mukhashaf à Aden, Dominic Evans à Dubaï et Stephanie Nebehay à Genève; Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français)

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