L'entreprise, une espèce comme une autre

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Mutation, adaptation, extinction… C'est avec les outils forgés par Darwin que certains chercheurs analysent le monde économique, dont ils voient les acteurs comme des organismes vivants.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°208 daté janvier/ mars 2022.

Darwin chez les économistes ? L'idée peut sembler saugrenue. Pourtant, appliquer la théorie de l'évolution à la "science" économique offre une grille de lecture originale et qui ne se résume pas à la "loi du plus fort", ce dogme pseudo-darwinien opportunément brandi par les plus libéraux et selon lequel les faibles seraient condamnés à disparaître. L'économie évolutionniste intègre avant tout l'idée que les choix et les orientations économiques, moins rationnels qu'il n'y paraît, sont guidés par les contextes historiques et culturels.

"Il ne s'agit pas d'établir une correspondance stricte entre les principes darwiniens et ceux qui régissent l'économie, prévient Nathalie Lazaric, directrice de recherches au CNRS. Mais de s'inspirer des théories évolutionnistes… pour s'en détacher." Cyril Hédoin, professeur d'économie à l'Université de Reims, précise : "L'évolution biologique est marquée par des mutations aléatoires, alors qu'en économie, certaines mutations sont volontaires. Par exemple, lorsque l'État décide de modifier la réglementation des marchés financiers en fonction d'un objectif à moyen ou long terme." "Les modèles néo-classiques de l'économie standard raisonnent en termes d'équilibre, reprend Nathalie Lazaric. Ils conviennent quand tout va bien et que les acteurs agissent de façon rationnelle. Mais lorsque survient une incertitude radicale, les théories évolutionnistes se révèlent plus riches car elles prennent en compte les facteurs humains, culturels. Par exemple, face au changement climatique, elles vont étudier comment les firmes s'adaptent et mettent en place de nouvelles trajectoires technologiques, décrire finement leurs capacités d'innovation et d'adaptation."

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