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Le lent réveil du train de nuit

Voyage en train de nuit entre la gare de Paris-Auterlitz et celle de Toulouse-Matabiau, le 3 septembre 2023.  - Credit:FRANCOIS LAURENS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Voyage en train de nuit entre la gare de Paris-Auterlitz et celle de Toulouse-Matabiau, le 3 septembre 2023. - Credit:FRANCOIS LAURENS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Toudoum-toudoum… À partir de ce dimanche 10 décembre, le rythme lancinant des boggies rythmera de nouveau le sommeil – ou le manque de sommeil – de 170 passagers sur la ligne de nuit Paris-Aurillac. Pas encore une révolution, car la liaison ne sera quotidienne, pour commencer, que durant les vacances, et fonctionnera le reste de l'année le vendredi et le dimanche. Mais assurément un signe fort.

En effet, voilà vingt ans que les trains de nuit avaient cessé de circuler entre la capitale et le Cantal. Le gouvernement entend montrer qu'il y croit : non seulement il injecte 3 millions d'euros par an dans cette ligne, et 10 millions d'euros dans un autre train de nuit, entre Paris et Berlin, opéré celui-là par la Deutsche Bahn (Allemagne) et ÖBB (Autriche). Mais pour bien montrer que c'est désormais une priorité pour l'État, le ministre des Transports lui-même, Clément Beaune, sera au départ de Paris pour Aurillac, ce dimanche, à la gare d'Austerlitz. Des nouvelles lignes qui s'ajoutent au Paris-Nice, au Paris-Tarbes-Lourdes et au Paris-Vienne relancées en 2021. « La fréquentation toutes lignes confondues » des trains de nuit « avoisine les 700 000 clients en 2022, contre 350 000 en 2019 », indique un porte-parole de la SNCF. « Et 2023 devrait dépasser 2022. »

« Tout le monde est pour, mais personne n'est dedans »

 - Credit:Une renaissance. Car il revient de loin, le bon vieux train de nuit. Dans les années 1980, à son apogée, la France est encore maillée par un réseau dense et serré de lignes de train de nuit, dont certaines, transversales, ne passent pas par Paris. Puis, petit à petit, des arrêts sont fermés, des lignes raccourcies, puis supprimées. « Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy disait : Les trains de nuit, tout le monde est pour, mais personne n'est dedans », rappelle Patricia Pérennes, économiste spécialiste des transports ferroviaires. Ces trains dits d'équilibre du territoire « ne sont pas rentables, et fonctionnent grâce à des conventions entre la SNCF et l'État, qui lui verse de l'argent ». Les voyageurs délaissent progressivement ces lignes, mal entretenues, leur préférant, quand c'est possible, la voiture, le TGV, ou les compagnies aériennes low cost.

Une renaissance. Car il revient de loin, le bon vieux train de nuit. Dans les années 1980, à son apogée, la France est encore maillée par un réseau den [...] Lire la suite