L'Egypte établit une zone tampon avec Gaza, selon le Hamas

Des soldats égyptiens surveillent la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza. Les forces de sécurité égyptiennes ont détruit une vingtaine de maisons à la frontière avec la bande de Gaza, ont dit mardi des habitants, dans le cadre de ce que le Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, présente comme une opération visant à créer une zone tampon pour l'isoler. /Photo prise le 3 septembre 2013/REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa (Reuters)

par Nidal al-Mughrabi GAZA (Reuters) - Les forces de sécurité égyptiennes ont détruit une vingtaine de maisons à la frontière avec la bande de Gaza, ont dit mardi des habitants, dans le cadre de ce que le Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, présente comme une opération visant à créer une zone tampon pour l'isoler. L'armée égyptienne est confrontée depuis deux ans à une quasi-insurrection islamiste dans le nord du Sinaï, qui s'est accentuée depuis l'éviction du président Mohamed Morsi le 3 juillet. Le Caire a accusé depuis lors à plusieurs reprises le Hamas de soutenir les militants islamistes. Les opérations sécuritaires se sont déjà traduites par la fermeture de nombreux tunnels qui relient Gaza à l'Egypte, par lesquels transitent des hommes, des armes, mais aussi de la nourriture et autres matériaux de construction. Mais selon des habitants de la partie égyptienne de Rafah, l'armée a commencé à détruire des maisons qui, dit-elle, abriteraient des entrées de tunnels ou serviraient à des activités "terroristes". Ces opérations rappellent aux Palestiniens les destructions de maisons situées de leur côté de la frontière par l'armée israélienne avant son retrait de la bande de Gaza en 2005. "Nous rejetons l'idée même d'une zone tampon. Il ne devrait pas y avoir de zone tampon entre deux frères et deux pays amis", a déclaré Ehab al Ghsain, un porte-parole du Hamas à Gaza. De source militaire égyptienne, on confirme l'intensification des opérations contre les tunnels, mais on assure n'avoir reçu aucune instruction visant à établir un "no man's land" dans la zone frontalière. Un habitant dit avoir compté au moins 17 maisons détruites dans un rayon de 700 m de la frontière. "L'armée ordonne aux gens de partir de chez eux, puis elle détruit leur maison en leur laissant le soin de trouver un nouveau logement, dans leur famille ou chez des amis", a-t-il témoigné par téléphone. L'ÉCONOMIE DE GAZA ÉTRANGLÉE De Gaza, on entend les haut-parleurs des mosquées situées côté égyptien appeler la population à résister à l'entreprise de démolition de l'armée. Le nouveau pouvoir cairote accuse le Hamas, émanation des Frères musulmans dont est issu Mohamed Morsi, d'appuyer les militants islamistes qui ont multiplié les attaques ces dernières semaines contre les forces de sécurité, tuant plusieurs dizaines de policiers et soldats. L'Egypte mène en riposte de vastes opérations sécuritaires, dont l'une a entraîné mardi la mort d'au moins quinze militants islamistes près de Rafah, selon la télévision d'Etat égyptienne. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, nie être impliqué dans ce conflit et reproche au Caire d'infliger une punition collective aux Gazaouis en limitant l'activité du terminal frontalier de Rafah. Selon le mouvement islamiste, seules 250 personnes sont autorisées à franchir la frontière chaque jour, contre 1.200 à l'époque où Mohamed Morsi était président. "Gaza ne représentera jamais un danger pour l'Egypte. Notre bataille et notre combat seront toujours contre l'occupation israélienne et pour la défense de la Palestine et de la dignité des nations arabes et musulmanes", a dit le Hamas mardi dans un communiqué. Une poignée des quelque 1.200 tunnels creusés sous la frontière sont encore en activité, disent de leur côté leurs propriétaires. Ils représentent une part importante des importations de biens de consommation courante de Gaza depuis le blocus imposé par Israël à l'enclave palestinienne. Selon le ministre de l'Economie du gouvernement du Hamas, Ala al Rafati, la fermeture des tunnels a coûté 230 millions de dollars (175 millions d'euros) à l'économie gazaouie rien qu'au mois de juillet. Avec la rédaction du Caire, Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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