Législatives : le profil sulfureux de certains candidats Reconquête

Présentation des candidats Reconquête aux législatives (Photo by JOEL SAGET / AFP) (AFP)

Le parti d'Éric Zemmour assure avoir reçu 1 426 candidatures et présentera 550 candidats sur les 577 circonscriptions.

Si Marion Maréchal ne sera pas candidate aux législatives, le parti Reconquête a présenté ses premiers candidats aux législatives, prévues es 12 et 19 juin prochain et dont les candidatures doivent être présentées avant le 20 mai au plus tard.

Les 550 candidats étaient conviés samedi à une journée de formation pour se préparer à faire campagne. Une quasi-parité, des candidats autant issus de LR que du RN, et une majorité issue de la société civile, le tout pour une moyenne d’âge de 42 ans. De nombreux jeunes également, environ 150 ont moins de 35 ans. Parmi tous ces profils, certains se démarquent, en raison de leurs caractéristiques.

Éric Zemmour

Le principal candidat c'est Éric Zemmour, dans la 4e circonscription du Var. Le candidat d'extrême droite, quatrième lors de la dernière présidentielle, a été condamné par la justice à plusieurs reprises. Il a été définitivement condamné en 2011 pour "provocation à la discrimination raciale", suite à des propos tenus dans une émission animée par Thierry Ardisson.

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En mai 2018, la Cour d’appel de Paris condamne Éric Zemmour à 3 000 euros d’amende pour "provocation à la haine religieuse", un recours a été déposé.

En janvier dernier, il a été condamné pour "provocation à la haine et à la violence" et "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur origine" après ses propos sur les mineurs isolés, qu’il avait traités, le 29 novembre 2020, sur la chaîne CNews de "voleurs", "violeurs" et "assassins", dont il a fait appel. En mai 2023, il sera jugé pour diffamation aggravée, pour des propos tenus en 2019 sur le "mouvement féministe" et le "mouvement LGBT".

Dominique Daillet

Candidat dans la 2e circonscription d’Indre-et-Loire, Dominique Daillet est un ancien officier de l’armée de l’air, actuellement commandant de bord dans l’aviation civile, rapporte la Nouvelle République. Mais si sa candidature marque les esprits, c'est surtout en raison de sa famille.

L'un de ses frères, tout d'abord, est Rémi Daillet-Wiedemann figure du complotisme, anti-avortement, opposé à la 5G et à la vaccination, il est incarcéré dans l'affaire de l'enlèvement au printemps dernier de la petite Mia, et avait été mis en examen en octobre pour des projets d'attentats avec pour objectif la préparation d'un "coup d'Etat". Son père est Jean-Marie Daillet, ancien député UDF de 1973 à 1993, qui s'est distingué lors des débats sur la loi Veil en accusant cette dernière de "laisser des embryons être "jetés au four crématoire ou remplir des poubelles". Une filiation que rejette Dominique Daillet "ce ne sont pas des sujets". "C’est une tragédie familiale. Je ne suis pas responsable de ses actes, et cela n’a rien à voir avec ma campagne", balaie-t-il concernant son frère.

Jérémie Piano

Candidat dans la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, Jérémie Piano, 27 ans, est bien connu de la justice lui aussi. Ancien porte-parole de Génération identitaire, organisation dissoute par le ministre de l’Intérieur, il partage comme point commun avec Éric Zemmour d'avoir été condamné en première instance pour provocation et incitation à la haine raciale, notamment lors d'une opération anti-migrants dans les Pyrénées, à deux mois de prison avec sursis et 3000 euros d’amende pour injures publiques. Peine dont il a fait appel.

Et comme Éric Zemmour, lui non plus n'en a pas terminé avec la justice puisqu'en novembre prochain, il doit comparaître pour avoir envahi les locaux de l’ONG SOS Méditerranée à Marseille. Comme le relève le journaliste du HuffPost Pierre Tremblay, Jérémie Piano s'était fait remarquer en chantant des slogans provocateurs lors d'une manifestation d'extrême droite en 2019.

Bruno Attal

Bruno Attal, policier et surtout membre du syndicat ultra-minoritaire France police, qui a rassemblé 3,12 % des voix aux dernières élections professionnelles, est candidat dans la 14e circonscription du Rhône, où se présente également Taha Bouhafs, qui a depuis retiré sa candidature. Une élection que le policier résumait ainsi : "Deux choix. Voter pour un policier ou pour une racaille !"

Parmi ses faits d'armes, Bruno Attal n'hésite pas à s'afficher aux côtés du Youtubeur d'extreme droite Papacito, qui s'est récemment distingué en mettant en scène un simulacre d’exécution d’un militant de la France Insoumise. "Un mec génial qui dit des vérités que je n’ai pas le droit de dire en tant que policier", vantait récemment Bruno Attal.

Damien Rieu

Le nom du candidat dans la 4e circonscription des Alpes-Maritimes vous dit peut être quelque chose : il a récemment fait l'actualité en étant poursuivi en justice par le joueur de l'équipe de France et du Real Madrid Karim Benzema pour diffamation. Ces tweets remontent à l'époque où Rieu était membre du RN.

Le 23 octobre 2020, il publie une photo de l’ancien avant-centre lyonnais posant à côté de l’imam de Meaux (Seine-et-Marne) Nourdine Mamoune. "Intéressant de découvrir que Benzema fréquente l’imam Nourdine Mamoune qui vient d’être perquisitionné (une opération menée trois jours après l’assassinat de Samuel Paty qui n’avait débouché sur aucune poursuite). Vivement que la justice s’intéresse aussi au financement des mosquées de Bron (ville du Rhône d’où est originaire Benzema)", écrivait-il sur Twitter.

Rebelotte un mois plus tard, le 22 novembre 2020. Il poste cette fois une photo du joueur l’index en l’air, signe de foi dans l’islam, mises à côté de celles de djihadistes effectuant le même geste. "Je crois que Benzema veut nous faire passer un message", avait-il publié.

Patrick Jardin

Candidat dans la 4e circonscription du Nord, il est le père d'une des victimes des attentats du 13 novembre. Depuis le drame, il multiplie les discours vengeurs à l’égard de l’Islam, au point d'être fiché S depuis juin 2018. Son nom était alors apparu dans l’entourage d’un groupuscule d’ultra-droite, l’Action des forces opérationnelles (AFO), dont les membres projetaient d’empoisonner de la nourriture halal dans les rayons de supermarchés.

Après l'attentat islamophobe de Christchurch en Nouvelle-Zélande, lors duquel un terroriste d'extrême droite abat 49 personnes dans deux mosquées, il écrit au sujet de son auteur : "Brenton Tarrant a eu le courage de faire ce que je voulais faire", avant d'ajouter : "Je ne suis qu'à moitié satisfait, 49 morts à Christchurch et 98 rien qu'au Bataclan". Il avait également été au cœur d'une polémique déclenchée par la possibilité de voir les djihadistes français retenus par les forces Kurdes en Syrie rapatriés en France. Sur son compte Twitter, depuis suspendu par la plate-forme, il avait affirmé : "Fusillons-les (…) comme Leclerc a fait fusiller les Français de la Waffen SS" ou encore "tuons aussi leurs enfants d’ailleurs".

Samuel Lafont

Le candidat Reconquête dans la première circonscription du Gard se fait remarquer lors de l'opposition au mariage pour Tous, après des tweets homophobes. "Est-ce que je peux me marier avec mon chien alors ?", un photomontage prêtant à une militante pour le mariage homosexuel une pancarte "Mes deux papas me pètent le cucul quand je veux". Après l'homophobie, il se lance dans la désinformation en 2017 en lançant Damoclès, un site spécialisé dans la manipulation de faits divers. il participe notamment à la diffusion d'une fausse information juste avant le premier tour de scrutin, accusant le candidat favori Emmanuel Macron de pratiquer l'expatriation fiscale en Suisse. Après l'élection, le site devient un élément de "réinformation" d'extreme droite.

Durant la campagne présidentielle de 2022, il est en charge de la stratégie numérique d'Éric Zemmour et se fait remarquer en ayant recours à l'Astroturfing. La pratique, révélée par Le Monde, consiste à coordonner l’action de quelques militants qui publient simultanément sur Twitter un même message à la gloire de leur candidat, de préférence avec une image et un hashtag pour en renforcer la visibilité, ce qui fait artificiellement passer ce # en tendance, accroissant ainsi sa visibilité. Une pratique pourtant interdite.

Thierry Lolliérou et Valérie Gorioux

Ces deux noms ne vous disent rien, mais tous deux ont un goût particulier pour le relais de fausses informations. Le premier est un ancien militant du FN, candidat dans la 5e circonscription du Finistère. Son profil montre une appétence pour le relais d'informations conspirationnistes, comme le relève Libération. Pêle-mêle, on retrouve un post le 30 avril laissant entendre que LREM envisage de "rendre la pédophilie légale" en ayant fait passer "par la loi Schiappa" la peine maximale encourue pour "viol sur mineur de vingt ans à dix ans", une fake news débunkée depuis plusieurs mois ou encore le recours de l'avocat Carlo Brusa contre le résultat de l'élection présidentielle, avocat qui s'est distingué par son complotisme durant la crise du Covid.

Valérie Gorioux, candidate dans le Maine-et-Loire, a la même passion pour le relai de fausses infos, pendant la pandémie mais aussi lors de la campagne. Durant l'entre-deux-tours, elle lance qu'Emmanuel Macron "vient de signer un décret pour que des milliers de profs tunisiens soient payés par la France pour enseigner l’arabe en cours élémentaires. Et que l’apprentissage de la langue se fera sur les textes du Coran". Dans la même période clé, elle relaie ce message émanant d'un ancien policier radié pour violences conjugales et influenceur d'extrême droite : "Le franc-maçon Jean-Luc Mélenchon, en appelant à ne pas voter pour Marine Le Pen, [fait] de facto campagne pour le franc-maçon Emmanuel Macron",

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