L'effet placebo joue sur tout le cerveau

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Les larges zones cérébrales sur lesquelles agit le placebo viennent d'être mises en évidence par une méta-étude.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°890 daté avril 2021.

Pour ce qui est de son existence, l'effet placebo fait consensus : en moyenne, selon les études, un tiers des sujets ressentent l'effet bénéfique d'un traitement, indépendamment de son efficacité réelle. L'effet placebo atteint même les 70 % dans certaines études sur la dépression, se révélant ainsi aussi efficace que certains médicaments prescrits contre cette maladie ! Mais la façon dont il se manifeste dans le cerveau fait débat parmi les chercheurs, les résultats des travaux pour localiser ce mécanisme dans nos réseaux neuronaux étant contradictoires. La faute à des études n'incluant que peu de participants et focalisées sur une région cérébrale en particulier.

Il affecte les zones de la douleur

Aussi, pour avoir une vision plus globale, des chercheurs allemands de l'hôpital universitaire d'Essen et américains du Dartmouth College ont repris et analysé la majorité des recherches en neuro-imagerie menées jusqu'à présent sur la question. Et ils ont ainsi apporté la première preuve que les régions impliquées dans la douleur peuvent être modifiées par effet placebo. Mais leur étude souligne aussi la grande hétérogénéité des résultats, notamment pour le cortex préfrontal. De nombreuses études ont démontré que les placebos activent cette région du cerveau, ce qui conduit à la libération de molécules analgésiques (des opioïdes) capables de réduire la douleur. Mais il apparaît que cela se produit de façon très différente selon les individus, si bien qu'il n'existe pas de zone préférentielle systématiquement activée.

Des zones du thalamus impliquées dans le placebo

Par ailleurs, forts de leurs larges échantillons (603 patients en cumulant les 20 études), les chercheurs ont pu montrer que d'autres structures cérébrales sont également impliquées, en particulier le thalamus et les ganglions de base, un réseau profond de structures interconnectées. Le premier sert notamment au transfert[...]

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