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Le président du Venezuela fait vibrer la fibre patriotique

Doigt sur la détente d'un fusil et chapeau militaire sur la tête, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a supervisé samedi des manoeuvres militaires censées préparer le pays à une possible invasion "impérialiste". /Photo prise le 14 janvier 2017/REUTERS/Miraflores Palace

CARACAS (Reuters) - Doigt sur la détente d'un fusil et chapeau militaire sur la tête, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a supervisé samedi des manoeuvres militaires censées préparer le pays à une possible invasion "impérialiste". Plus d'un demi-million de soldats et de civils avaient été déployés dans tout le pays à l'occasion de ces manoeuvres. La télévision a diffusé en boucle des images de soldats camouflés en buisson criant la promesse de défendre "la patrie socialiste". Le président Maduro, présent à un exercice dans la province de Miranda proche de Caracas, a assuré que les Vénézuéliens étaient "prêts à défendre notre terre centimètre par centimètre, quartier par quartier, rue par rue". L'opposition n'a pas manqué l'occasion de tourner en ridicule les supposées craintes d'une invasion "impérialiste" (lire, américaine) dont le but serait de s'emparer des richesses en hydrocarbures du pays. Certains des exercices effectués samedi l'ont été autour de raffineries de pétrole. "Vous êtes PATHÉTIQUE, Nicolas Maduro", a ainsi tweeté un député d'opposition, Armando Armas. Comme son prédécesseur et mentor Hugo Chavez, qu'il a remplacé en avril 2013, Nicolas Maduro s'appuie sur l'armée pour exercer le pouvoir. Et certains Vénézuéliens ont vu dans la démonstration de force de samedi un message adressé à l'opposition, qui cherche depuis des mois à obtenir la révocation du président, qu'elle accuse d'incompétence et de tendances dictatoriales. Le Venezuela traverse une grave crise économique, avec une inflation à trois chiffres et des pénuries de biens de première nécessité. Les manifestations contre le gouvernement sont fréquentes, amenant Nicolas Maduro, quand il n'évoque pas des menaces d'invasion, à se dire victime d'une "guerre économique". (Alexandra Ulmer, Gilles Trequesser pour le service français)