Wall Street confirme sa pause avant l'emploi et la Fed

par Chuck Mikolajczak

NEW YORK (Reuters) - La Bourse de New York a fini mardi en léger repli, confirmant la pause observée depuis les pics historiques atteints en milieu de semaine dernière avant quelques rendez-vous importants, en particulier le rapport mensuel sur l'emploi américain vendredi et la réunion de la Réserve fédérale la semaine prochaine.

L'indice Dow Jones a perdu 29,58 points, soit 0,14%, à 20.924,76. Le Standard & Poor's 500, plus large et principale référence des investisseurs, a cédé 6,92 points, soit 0,29%, à 2.368,39. Le Nasdaq Composite a abandonné 15,25 points (0,26%) à 5.833,93.

Le Dow et le S&P-500 n'avaient plus connu deux séances consécutives de baisse depuis fin janvier.

Les indices américains ont déjà souffert lundi de prises de bénéfices après avoir enchaîné des records depuis l'élection de Donald Trump à la Maison blanche.

La prudence prévaut avant la réunion de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et, surtout, la publication vendredi du rapport mensuel sur les créations d'emploi aux Etats-Unis, alors qu'une hausse des taux de la Fed est attendue le 15 mars.

"Ce à quoi nous assistons, c'est à un marché qui est dans une sorte de période de calme", dit Robert Pavlik, responsable de la stratégie de marchés chez Boston Private Wealth.

"Nous sommes à une semaine de (la réunion de) la Réserve fédérale. Le président est intervenu la semaine dernière et a fait un très bon discours mais cette impression s'est rapidement dissipée", ajoute-t-il, en référence au discours de Donald Trump devant le Congrès au cours duquel le président américain a adopté un ton jugé rassurant sur la mise en oeuvre de ses promesses de baisses d'impôts, de dérégulation et de relance budgétaire.

Comme cela a déjà été plusieurs fois le cas depuis son élection le 8 novembre, Donald Trump a tout de même influé sur la séance du jour à Wall Street via l'un de ses canaux de communication privilégiés, Twitter.


LA CORRECTION SE POURSUIT SUR SNAP

"Je travaille à un nouveau système où il y aura de la concurrence dans l'industrie pharmaceutique. Les prix pour les Américains vont bien baisser!", a-t-il écrit sur la messagerie avant l'ouverture de la séance à New York.

Donald Trump a aussi apporté mardi son soutien à une proposition de loi républicaine visant à abroger la plus grande partie de l'Obamacare, la réforme du système de santé de son prédécesseur Barack Obama.

Le secteur pharmaceutique a accusé le coup en Bourse, y compris en Europe.

A New York, Pfizer (-1,05%) et Merck (-0,77%) ont subi parmi les plus forts reculs de l'indice Dow Jones. Au sein du S&P-500, Eli Lilly a abandonné 1,3%.

L'indice sectoriel de la santé a perdu 0,67%.

Le repli des compagnies aériennes s'est poursuivi au lendemain des prévisions de Delta Airlines pour le trimestre en cours dans le bas de sa précédente fourchette d'objectifs. Le titre Delta a perdu 2,48%, United Continental 0,68% et American Airlines 1,04%.

L'action Snap a accentué sa correction avec une chute de quasiment 10%, après déjà plus de 12% lundi, à 21,44 dollars. Le titre s'est envolé après son introduction en Bourse jeudi dernier mais il attire désormais les investisseurs qui parient sur sa baisse alors que le site de messagerie n'est pas rentable et que la croissance de ses utilisateurs a ralenti.

Facteur supplémentaire de volatilité, toutes les options de surallocation associées à l'IPO ont été souscrites, selon deux sources de marché, ce qui signifie que les banques ayant conduit l'opération ne peuvent plus stabiliser le cours de Bourse en achetant des titres si le prix descend sous son tarif d'introduction à 17 dollars.

Nimble Storage a bondi de 46,28% à 12,58 dollars après l'annonce de son rachat par Hewlett Packard Enterprise (-1,08%) pour 1,09 milliard de dollars (1,03 milliard d'euros).

Environ 6,4 milliards de titres ont été échangés sur les marchés actions américains, ce qui est inférieur à la moyenne quotidienne de 6,92 milliards sur les 20 dernières séances.


ATTENTISME ÉGALEMENT SUR LE MARCHÉ DES CHANGES

Un certain attentisme a aussi prévalu sur le marché des changes avec un dollar en petite progression face à un panier de devises de référence, mais sous ses récents plus hauts touchés en décembre et en janvier malgré la perspective d'une hausse des taux la semaine prochaine.

D'après des analystes, les cambistes attendent les chiffres de l'emploi vendredi et des clarifications sur la politique budgétaire de Donald Trump.

Les rendements des emprunts du Trésor américain ont progressé avant le tour de vis monétaire attendu le 15 mars, celui du papier à 30 ans atteignant un pic de plus d'un mois. La demande a été faible pour une adjudication par le Trésor américain de 24 milliards de dollars de titres à trois ans, qui ont été placés à 1,630%, le taux le plus élevé depuis près de sept ans pour cette échéance.

Les cours du pétrole se sont orientés à la baisse après la clôture du marché new-yorkais à la suite de la publication des données de l'Institut américain du pétrole (API) indiquant une augmentation plus forte que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis.

L'or a touché un creux de plus quatre semaines à 1.213,65 dollars l'once au comptant face à la perspective d'une hausse des taux aux Etats-Unis.


(Avec Yashaswini Swamynathan; Bertrand Boucey pour le service français)

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