Le Burundi accepte le principe d'une police de l'Onu

NAIROBI (Reuters) - Le Burundi approuve la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant l'envoi d'une force de police dans le pays, a déclaré samedi le ministre burundais des Affaires étrangères, Alain Nyamitwe, mettant fin à des mois de bras de fer avec l'organisation.

Les quinze membres du Conseil ont adopté vendredi à l'unanimité une résolution d'inspiration française demandant au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, de présenter divers scénarios pour le déploiement d'une force de police au Burundi, où les violences menacent de dégénérer en conflit interethnique.

Depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 qu'il briguerait un troisième mandat, acte jugé illégal par l'opposition, avant d'être réélu en juillet, au moins 439 personnes ont été tuées dans les violences politiques au Burundi, tandis que plus de 250.000 autres ont fui leur maison.

"Cette résolution de l'Onu nous convient parce qu'elle prend en compte tout ce que nous disons", a déclaré à Reuters Alain Nyamitwe. "Nous avons toujours été ouverts à des experts mais jamais à l'envoi de troupes de maintien de la paix au Burundi", a-t-il dit, ajoutant que "quelques" policiers de l'Onu pourraient aider à stabiliser le pays.

Léonce Ngendakumana, président du parti d'opposition Frodebu (Front pour la démocratie du Burundi), a au contraire critiqué une résolution qui, dit-il, "ne nous apporte rien".

"Nous ne voulons pas d'une police de l'Onu mais de soldats de maintien de la paix qui empêcheraient le Burundi de basculer dans la guerre civile", ajoute l'opposant.

L'opposition réclame le déploiement de casques bleus pour désarmer différents groupes armés dont les milices alliées au parti au pouvoir (CNDD-FDD), connues sous le nom de "Imbonerakure", poursuit Léonce Ngendakumana.

Tom Malinowski, sous-secrétaire d'Etat américain à la démocratie, aux droits de l'homme et au travail, a de son côté accusé le gouvernement de Bujumbura d'oublier son engagement de résoudre la crise politique par le dialogue.

"Dénoncer tout le monde, de l'Eglise catholique aux médias (...), aux pays étrangers, comme des ennemis du peuple du Burundi ne va pas nous conduire à un dialogue réussi", a déclaré le responsable américain lors d'une conférence de presse à Bujumbura.

(Duncan Miriri; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)