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Pour l'Autriche il faut protéger les frontières de l’UE avant l’élargissement de Schengen

L'Union européenne doit renforcer ses frontières extérieures avant d'admettre pleinement la Roumanie et la Bulgarie dans l'espace Schengen. C'est la recommandation de l'eurodéputé Lukas Mandl, issu des rangs du Parti populaire autrichien au pouvoir à Vienne.

Il s'explique sur la décision polémique d'admettre partiellement Bucarest et Sofia dans l'espace européen de libre circulation des personnes. Le compromis convenu avec les deux pays prévoit une suppression des contrôles aux frontières aériennes et maritimes. En revanche, ces inspections sont maintenues aux frontières terrestres, une requête de l'Autriche qui bloque depuis plusieurs mois les deux candidatures par crainte d'une augmentation des flux migratoires.

"Nous voulons que la Bulgarie et la Roumanie fassent partie de l'espace Schengen. Ce n'est pas encore possible parce que les frontières extérieures de l'Union européenne ne sont pas encore correctement protégées. C'est pourquoi l'Autriche a fait passer un message clair : nous devons d'abord résoudre notre problème de frontières extérieures en termes d'immigration irrégulière. Ensuite, nous pourrons aller de l'avant", précise Lukas Mandl.

L'Autriche s'inquiète de l'augmentation sur son territoire des demandes d'asile alors que le pays est enclavé au centre de l'Europe. Or, les règles européennes prévoient que les migrants doivent déposer leur demande dans le pays membre d'arrivée dans l'Union.

"Nous savons tous que cette règle n'a pas été vraiment suivie par de nombreux Etats membres, à l'extrême par la Hongrie malheureusement, mais d'autres Etats membres n'ont pas non plus entièrement suivi la règle. Et pour l'avenir, nous avons convenu que la Bulgarie et la Roumanie prendraient en charge les réfugiés qui sont d'abord entrés dans l'un de ces deux pays", explique l’eurodéputé autrichien.

La Roumanie et la Bulgarie s'engagent à renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'Union et comptent s'appuyer sur Frontex, l'Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes.

Les deux pays promettent aussi de traiter les demandes d'asile sur leur territoire. Bucarest et Sofia rejoindront partiellement le 31 mars l'espace Schengen. Les discussions se poursuivront cette année pour s'entendre sur les prochaines étapes en vue de supprimer les contrôles aux frontières terrestres.