L'association BarakaCity contestera en justice une dissolution administrative

H.G.
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Communiqué de presse des avocats de BarakaCity - Capture d'écran Twitter - Vincent Brengarth
Communiqué de presse des avocats de BarakaCity - Capture d'écran Twitter - Vincent Brengarth

L'association BarakaCity, menacée de dissolution par le gouvernement qui l'accuse de proximité avec l'islam politique voire avec l'extrémisme, contestera en justice une telle mesure, ont annoncé ses avocats lundi dans un communiqué.

Me Vincent Brengarth et William Bourdon ont annoncé avoir "reçu mandat de contester la décision de dissolution administrative qui pourrait être prise et plus généralement d'entreprendre toute démarche juridique de nature à préserver les droits de l'association BarakaCity".

Le CCIF également menacé de dissolution

Ils déclarent "également la saisine préventive de la rapporteuse spéciale de l'ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression", Mme Irene Khan.

Outre BarakaCity, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) est également menacé de dissolution - et les deux associations nient fermement tout penchant extrémiste.

Les deux avocats considèrent que la décision prise par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin "ne poursuit qu'une finalité politique et d'affichage" et constitue une "décision arbitraire dirigée contre une association humanitaire importante qui remplit ses missions depuis dix ans au profit de deux millions de personnes à travers le monde".

"Rien dans les activités de l'association", soulignent-ils, "ne permet de suspecter un quelconque lien avec une activité terroriste".

Défense du président de l'association

Me Brengarth et Bourdon "rappellent notamment que la très longue enquête (trois ans) sur des soupçons de financement du terrorisme qui visait BarakaCity a fait l'objet d'un classement sans suite en mars 2019, après de nombreuses investigations".

"Par ailleurs, si des poursuites ont été diligentées contre le président de l'association pour harcèlement et qu'une perquisition aussi brutale que disproportionnée dans sa mise en oeuvre est intervenue, celui-ci reste présumé innocent", insistent-ils encore.

Le ministre de l'Intérieur a en outre annoncé lundi sur Europe 1 des opérations de police décidées à la suite du Conseil de défense tenu dimanche et qui ne ciblent pas des individus "en lien forcément avec l'enquête" sur l'assassinat de Samuel Paty mais visent à "faire passer un message: (...) pas une minute de répit pour les ennemis de la République".

"La folie s'empare du ministre de l'intérieur"

Pour ces avocats, "le ministre de l'Intérieur institutionnalise ici l'usage de la police comme force d'intimidation à l'encontre de certains individus voire groupes, à l'envers de la mission républicaine qui lui a été confiée".

L'annonce de Gérald Darmanin est "susceptible de contribuer à valider le discours de ceux qui ne cessent de désigner les musulmans comme des +ennemis de l'intérieur+", ajoutent-ils.

"La folie s'empare du ministre de l'intérieur", avait déjà répliqué BarakaCity sur Facebook.

Article original publié sur BFMTV.com