L'Assemblée nationale soutient massivement le maintien en juin des régionales et départementales

Jeanne Bulant avec AFP
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Vue générale de l'Assemblée nationale le 9 février 2021 (Photo d'illustration) - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Vue générale de l'Assemblée nationale le 9 février 2021 (Photo d'illustration) - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Malgré des voix dissonantes dans la majorité, l'Assemblée nationale a soutenu massivement mardi, par 443 voix contre 73 et 13 abstentions, le maintien en juin des élections régionales et départementales, avec un simple décalage d'une semaine, comme annoncé par Jean Castex

Outre les députés LaREM, les LR et les socialistes notamment ont voté pour, mais nombre de MoDem alliés de la majorité (47 sur 58 élus), qui souhaitaient un report, ont voté contre, lors de cette consultation voulue par le gouvernement en raison de la crise sanitaire, sur la base de l'article 50-1 de la Constitution. Mercredi, ce sera au tour du Sénat de se prononcer.

"Une forte abstention favorisera les sortants"

Le chef de file des députés MoDem Patrick Mignola a mis en garde à la tribune contre "une campagne zéro Covid" qui "sera une campagne zéro électeur". "Une forte abstention favorisera les sortants", a-t-il aussi estimé, ironisant sur "l'unité nationale faite pour avoir des élections en juin", pour lesquelles "les oppositions sont prêtes à tout et même à soutenir" le chef du gouvernement.

Les députés Agir, autres alliés, se sont également partagés, certains étant pour un report en 2022. Et 5 LaREM ont voté contre, 5 se sont abstenus, lors de ce vote qui a vu quelques dissidences dans la plupart des groupes politiques.

Jean Castex a annoncé des protocoles renforcés face à l'épidémie. Le décalage d'une semaine aux 20 et 27 juin doit permettre "une semaine de vaccination en plus, soit au moins 2 millions de personnes vaccinées, une semaine de préparation en plus", a-t-il soutenu devant l'Assemblée.

Des protocoles sanitaires renforcés face à l'épidémie

Le président de LR Christian Jacob a été le plus acide, voyant dans ce décalage d'une semaine une opération "sauver le soldat Ferrand", le président de l'Assemblée qui avait fait cette suggestion. "Nous vous demandons de respecter la loi" simplement, qui fixe ces scrutins en juin, a-t-il plaidé.

"La démocratie est un bien essentiel, partout dans le monde on a voté cette année", a abondé le numéro un du PS Olivier Faure. Au gouvernement de "concilier les deux exigences, en même temps démocratique et sanitaire".

"La question est pour nous de savoir si vous allez créer les conditions quoi qu'il vous en coûte électoralement pour que la démocratie vive", a aussi lancé Sébastien Jumel (PCF), se prononçant pour le maintien comme les groupes UDI et Libertés et territoires, ainsi que les élus RN.

Les députés LFI se sont distingués en boycottant cette consultation de l'Assemblée, qui s'apparentait selon eux à "un vote de confiance". Leur orateur Adrien Quatennens a néanmoins réclamé au gouvernement de "planifier" des débats télévisés avec les candidats, des rassemblements en plein air et une "campagne publique d'appel au vote".

Article original publié sur BFMTV.com