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L'armée ukrainienne est confrontée à une "pénurie de munitions"

L'Ukraine fait face à une "pénurie de munitions", a alerté jeudi 18 janvier le ministre ukrainien de la Défense, jugeant qu'il s'agissait d'un problème "réel et pressant" pour contrer les forces russes.

"La pénurie de munitions est un problème très réel et pressant auquel nos forces armées sont actuellement confrontées", a déploré Roustem Oumerov sur X (ex-Twitter) à l'occasion du lancement d'une "coalition artillerie" pilotée par la France et les États-Unis.

"Nous devons renforcer les capacités de défense ukrainiennes pour protéger le monde libre contre le danger russe", a-t-il dit.

"Augmenter notre production"

La "coalition" artillerie lancée jeudi est l'un des volets du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine dit groupe de Ramstein, réunissant plus de 50 pays en plusieurs sous-groupes, du déminage à la défense aérienne.

"ll n'y a pas d'alternative à une artillerie moderne, nous devons continuer nos efforts et augmenter notre production de munitions", a déclaré en visioconférence le ministre ukrainien de la Défense Roustem Oumerov lors de la cérémonie d'ouverture, après avoir annulé sa venue "pour des raisons de sécurité".

La France a proposé à cette occasion de "débloquer une somme de 50 millions d'euros" pour "acheter douze Caesar" supplémentaires - ce qui porterait à 67 le nombre de ces engins pour l'Ukraine - et annoncé qu'elle avait la capacité d'en produire 60 autres : à charge aux alliés de les financer.

"J'ai appelé @EmmanuelMacron pour remercier la France d'avoir lancé la coalition artillerie pour l'Ukraine et de s'être engagée à produire des dizaines de César", a déclaré le président Volodymyr Zelensky sur le réseau social X.

Les deux dirigeants ont également discuté "de la nécessité de renforcer davantage la défense aérienne de l'Ukraine", visée presque chaque nuit par des drones et des missiles lancés par Moscou, a ajouté Volodymyr Zelensky.

Un million de munitions d'ici le printemps

Kiev a déjà déployé 49 Caesar, produits par Nexter (groupe franco-allemand KNDS), et six autres seront livrés "dans les prochaines semaines", selon le ministère français des Armées. La France a la capacité d'en produire 72 autres et est prêt à en financer douze, selon le ministre français des Armées Sébastien Lecornu.

Il en resterait 60 ainsi à financer, soit quelque 250 millions d'euros, "une somme qui me semble-t-il est accessible pour les différents budgets des alliés", a-t-il poursuivi devant les représentants de 23 pays soutenant la défense de l'Ukraine.

Pour armer les canons, l'UE s'est donné pour objectif de fournir à l'Ukraine un million de munitions d'ici le printemps 2024. Mais seuls 300.000 obus ont été livrés à ce jour, selon des parlementaires européens.

Les Ukrainiens tirent entre 5.000 et 8.000 obus quotidiennement, contre entre 10 et 15.000 côté russe, avait souligné mercredi Cédric Perrin, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat français,en estimant que "la production nationale et européenne est extrêmement faible, l'économie mise en place n'est pas à la hauteur des attentes" ukrainiennes.

Côté français, Sébastien Lecornu a insisté jeudi sur le triplement des livraisons de munitions françaises à l'Ukraine, passées de 1.000 unités par mois à 2.000 durant la première année de guerre, et qui devraient grimper à 3.000 obus à partir de janvier.

"On est en train de remettre la main sur des stocks de poudre. On recycle des poudres sur des munitions qui n'ont pas été utilisées", a-t-il déclaré à des journalistes.

Bientôt un "accord de sécurité" entre Paris et Kiev

Le ministre a aussi annoncé la livraison d'une cinquantaine de kits de guidage air-sol A2SM par mois à partir de janvier, durant toute l'année. De moyenne portée, ils seront capables de s'adapter sur des avions "de classe soviétique" comme des Mig et des Sukhoï, que l'Ukraine utilise, a-t-il assuré.

La France a déjà cédé ou vendu 30 Caesar à l'Ukraine qui en avait commandé six supplémentaires à l'automne. Le Danemark a également fourni 19 exemplaires d'une version blindée à huit roues. Monté sur camion, le Caesar peut tirer des obus de 155 mm à 40 kilomètres de distance.

Emmanuel Macron a annoncé qu'il se rendrait en février en Ukraine, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre en février 2022. La France est "en train de finaliser un accord" de sécurité avec Kiev du type de celui conclu vendredi entre le Royaume-uni et l'Ukraine sur dix ans, a-t-il ajouté, annonçant en outre de nouvelles livraisons d'une "quarantaine" de missiles Scalp.

Article original publié sur BFMTV.com