L'ancien Catalogue des étoiles fixes renaît grâce à un projet ouzbek

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L'Ouzbékistan s'est donné pour mission d'identifier, cataloguer et mettre en valeur tous les objets d'art liés à son patrimoine dispersés à travers le monde. Alors que son territoire était autrefois traversé par la Route de la Soie, l'histoire culturelle de ce pays est riche.

La dernière réunion de l'initiative intitulée "Cultural legacy of Uzbekistan in the world collections" a rassemblé quelque 350 scientifiques du monde entier et constitué l'événement phare de la semaine du patrimoine culturel de l'Ouzbékistan.

La première copie du manuscrit du "Catalogue des étoiles fixes" commandé au XVe siècle par Ulugh Beg, sultan de la dynastie timouride, astronome et mathématicien respecté, a été présentée lors de cette réunion. Cette œuvre est celle de l'un des astronomes musulmans les plus célèbres de tous les temps, Abd al-Rahman al-Sufi (903-986).

Ce manuscrit dont la copie se présente sous la forme d'un livre revêt une importance historique pour plusieurs raisons : il illustre notamment la fascination ancestrale pour le ciel étoilé, l'âge d'or de la science islamique et la longue tradition arabe en astronomie.

Quand l'art et la science se rejoignent

Ce Catalogue est considéré comme un chef-d'œuvre de l'art d'Asie centrale : il comporte 74 miniatures de constellations réalisées selon les techniques les plus fines. Il s'inscrit également dans cette tradition de produire de plus en plus de manuscrits illustrés au fil des siècles et constitue l'un des plus anciens traités de ce type encore en existence. On y découvre des illustrations représentant le sultan sous la forme de la constellation Céphée.

Au-delà de sa valeur artistique, l'œuvre revêt une valeur scientifique considérable. Il présente 48 constellations connues sous le nom d'étoiles fixes et s'appuie sur les connaissances transmises par les Grecs, mais inclut pour la première fois, les principes de l'astronomie arabe ancienne.

Avant Abd al-Rahman al-Sufi, ce sont les Grecs qui sont à l'origine des premières tentatives connues de description du ciel étoilé. Le premier fut Claude Ptolémée (100-160), philosophe, mathématicien et astronome antique d'Alexandrie. Ses écrits dont la plus importante est l'"Almageste", un guide détaillé d'astronomie mathématique, ont été considérés comme des références en matière de science céleste jusqu'à la diffusion du travail d'Abd al-Rahman al-Sufi et au début de l'ère moderne.

La contribution d'Abd al-Rahman al-Sufi à l'astronomie

Le Catalogue des étoiles fixes s'appuie sur l'Almageste de Ptolémée, mais corrige différentes affirmations et les complète avec ses propres conclusions empiriques. Abd al-Rahman al-Sufi a repris tous les noms d'étoiles mentionnés dans l'inventaire de Ptolémée et les a fusionnés avec ceux présents dans la littérature arabe.

Dans ses observations, l'astronome a pour la première fois, décrit et illustré la galaxie d'Andromède et mentionné le Grand Nuage de Magellan, les premières galaxies autres que la Voie lactée à être observées depuis la Terre.

Dans le Catalogue de l'astronome, toutes les figures mythologiques représentant les constellations sont représentées telles qu'elles sont vues dans le ciel, mais aussi depuis l'espace. Grâce à cela, son œuvre a été utilisée pendant de nombreux siècles, comme guide des étoiles le plus important pour les mondes musulman et chrétien.

L'astronomie fait partie du patrimoine culturel ouzbek

L'original du manuscrit du Catalogue des étoiles fixes datant du Xe siècle n'a pas survécu, mais grâce à la tradition islamique des manuscrits, l'œuvre d'Abd al-Rahman al-Sufi a été transmise grâce aux copies réalisées par la suite.

La version contemporaine présentée à l'occasion de "Cultural legacy of Uzbekistan in the world collections" répond à l'objectif de l'Ouzbékistan d'utiliser des technologies scientifiques avancées pour préserver des objets et manuscrits historiques liés à son passé.

Des dizaines d'autres ouvrages consacrés aux œuvres ouzbèkes ont déjà été publiés dans le cadre de cette initiative. Des projets sont également menés pour numériser et publier des fac-similés d'œuvres exceptionnelles conservées dans des bibliothèques du monde entier.

Les représentants de l'UNESCO ont félicité l'Ouzbékistan pour son initiative visant à préserver son patrimoine historique et culturel. Renato Ramírez, directeur général adjoint pour la culture de l'UNESCO, a déclaré qu'il était "un exemple pour de nombreux pays. La recherche est un moyen de transférer non seulement des connaissances au monde économique, mais aussi aux plus jeunes et aux nouvelles générations," a-t-il indiqué.

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