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"Lames de rasoir entre les jambes": Anabela raconte son calvaire après la pose d'un implant urinaire

La plupart des victimes ont été opérées car elles souffraient d'incontinence urinaire, parfois liée à une descente d'organes. Elles ont déposé plainte pour tromperie aggravée et blessures involontaires.

Une opération et une vie qui bascule. En 2021, 80 femmes ont déposé plainte après après la pose d'implants vaginaux qui ont provoqué d'importantes mutilations. Depuis une enquête préliminaire pour tromperie aggravée et blessures involontaires a été ouverte.

La plupart de ces femmes souffraient d'incontinence urinaire ou de prolapsus, c'est-à-dire une descente d'organes, et ont été opérées pour se faire poser d'une "bandelette sous-urétrale" ou un "implant de renfort pelvien" en polypropylène, développés depuis les années 1990.

"Des douleurs terribles"

Anabela Neto est l'une d'entre elles et témoigne auprès de BFMTV de ce qu'elle a traversé. Elle a été opérée en 2021 à Pau après une descende d'organes. Son chirurgien propose la pose de cet implant contre les fuites, elle accepte, mais dès son réveil, la patiente est victime d'intenses douleurs.

"Mon réveil a été terrible puisqu’en fait j’avais mal entre les jambes. Comme si j’avais un étau, avec des douleurs terribles, des douleurs d’accouchement, de lames de rasoir entre les jambes", se rappelle-t-elle, auprès de notre antenne.

Selon elle, avant son opération, elle n'a pas été suffisamment avertie des effets secondaires d'un tel implant. "Je n’ai pas eu de consentement éclairé en fait, je ne savais pas ce que c’était, je ne savais pas non plus comment elle allait être mise dans mon corps", dénonce-t-elle.

"Je suis tombée des nues"

À la faveur de recherches et d'un appel lancé en 2022, la patiente s'aperçoit qu'elle n'est pas la seule à souffrir le martyre. "Le 20 septembre 2022, c’est là où ma vie a basculé. J’ai fait un appel sur Facebook et je suis tombée des nues car je n’étais pas toute seule", se rappelle-t-elle.

Infections urinaires, saignements et douleurs, toutes les victimes se plaignent des mêmes maux, et espèrent être reconnues par la justice.

"Il y a une justice qui est moins bien rendue pour les femmes. Aujourd’hui, on est optimistes car un service spécialisé a été saisi et les choses avancent, mais malheureusement on pense que la cause et la véritable raison pour laquelle les choses avancent c’est que l’une d’elles, qui souffraient tellement, a mis fin a ses jours", déplore auprès de BFMTV Me Laure Heinich, avocate de 78 plaignantes.

Pour sa part, Anabela, qui a du mal à se déplacer en raison des douleurs, poursuit sa convalescence réalisée avec l'aide d'un kiné. Toutefois, la douleur ne s'estompe pas toujours malgré les exercices.

Selon Médiapart, en 2021, 17.000 femmes se sont fait implanter ces bandelettes qui sont interdites en Nouvelle-Zélande et en Écosse. Comme le reprend pour sa part France 3, entre 2017 et 2022, l’ANSM (Agence de sécurité du médicament) a reçu 202 signalements, qui concernaient 215 bandelettes. Dans 70% des cas, un retrait partiel ou total de l'implant a été demandé.

Article original publié sur BFMTV.com

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