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Avec ses lames, Hopper aide les personnes amputées à courir avec plus de polyvalence

PARASPORT - « Pour les personnes amputées, la vie ne s’arrête pas au lit d’hôpital. Derrière, il va y avoir une belle vie. Il va y avoir de belles choses à réaliser. » Ce message, c’est celui délivré par Boris Ghirardi. Victime d’un accident de moto il y a 5 ans et d’une amputation, ce Toulousain n’a pas tardé pas à retrouver son quotidien de sportif, en aidant notamment à concevoir les lames de l’entreprise Hopper - un dispositif qui permet à une personne amputée de se remettre à courir, comme vous pouvez le voir dans le reportage en tête de cet article.

Lancé en 2019 au sein de l’école d’ingénieur IMT Mines à Albi, le projet Hopper avait pour ambition de créer des lames de sport, à partir des chutes de carbone utilisé pour l’A350 d’Airbus. Pour avancer, le projet a collaboré avec la marque Salomon. « Sur ces lames en carbone, il faut mettre une semelle, une semelle en caoutchouc parce que tu ne peux pas courir directement sur le carbone. Ils n’avaient pas la technologie pour le faire. Donc ils sont venus nous voir. C’est là vraiment, que le projet a démarré » explique Patrick Leick, responsable du service aux athlètes au sein de Salomon.

Pour améliorer la lame, l’entreprise Hopper et Salomon sont passées par des phases de conception, mais aussi de pratiques très concrètes. Par exemple lorsque six personnes amputées participent à l’ascension d’un sommet à 3 000 mètres d’altitude en 2021. Un souvenir plein d’émotions pour Patrick Leick : « Ce n’est pas à la portée de tout le monde. Et quand on voit cette personne de 64 ans qui pleure et qui nous dit que vous êtes en train de changer sa vie, c’est quand même incroyable. Il est amputé depuis l’âge de 19 ans. Émotionnellement, c’est assez lourd. »

En plus d’avoir pour but de s’ouvrir au plus grand nombre, en arrivant à proposer des lames à des prix abordables face à la concurrence, la lame Hopper offre aussi des gages en termes de performance pour certains athlètes amputés. « Ça m’a apporté une grande avance en termes de performance » explique au HuffPost Julien Veysseyre, champion du monde de cross triathlon en 2023. « C’est une lame qui permet à tout le monde de recourir. Mais j’ai quand même été champion du monde avec cette lame, donc elle offre quand même des performances. »

Membre de la Para Team Salomon, Julien Veysseyre sera l’un des porteurs de la Flamme paralympique avant l’arrivée des Jeux en France. Également retenu pour participer à ce relais, Boris Ghirardi compte sur Paris 2024 pour faire bouger les lignes. « J’espère que le regard qui va être porté sur ces Jeux paralympiques, et sur ces personnes en situation de handicap, va permettre un peu de casser les préjugés. J’espère que les pouvoirs publics vont aussi prendre le relais parce qu’il y a des discours, mais pas forcément suivis d’actions, il faut absolument que le sport soit le plus accessible possible. Et j’espère que ça va évoluer et que les Jeux paralympiques vont amener ça. »

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