La Turquie bloque l'accès à l'encyclopédie en ligne Wikipédia

Les autorités turques ont bloqué samedi l'accès à l'encyclopédie en ligne Wikipédia en toutes les langues, en vertu d'un loi interdisant l'accès aux sites internet jugés obscènes ou constituant une menace pour la sécurité nationale. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel

ISTANBUL (Reuters) - Les autorités turques ont bloqué samedi l'accès à l'encyclopédie en ligne Wikipédia, en vertu d'un loi interdisant l'accès aux sites internet jugés obscènes ou constituant une menace pour la sécurité nationale.

Ce blocage a été constaté à 08h00 (05h00 GMT) par le groupe de surveillance en ligne Turkey Blocks qui estime que cette action s'inscrit dans le cadre de la "censure des contenus" effectuée de temps en temps par les autorités à l'aide de filtres internet.

"Après une analyse technique et la prise en compte de considérations légales (...) une mesure administrative a été prise concernant ce site (Wikipedia)", dit l'autorité de tutelle des télécommunications BTK.

L'organisme cite à l'appui de sa décision une loi permettant de rendre des sites internet inaccessibles en vertu du maintien de l'ordre, de la sécurité nationale et du bien-être général de la population.

Le ministère de la Communication a pour sa part accusé Wikipedia de chercher à organiser "une campagne de dénigrement" de la Turquie à l'échelle internationale, rapporte l'agence de presse officielle Anatolie.

Quand ils tentent d'accéder à la page Wikipédia via un fournisseur d'accès internet, les utilisateurs se voient signifier que le site est inaccessible, avec un message de "connexion interrompue en raison du délai".

La Turquie a été ces dernières années accusée à plusieurs reprises de bloquer l'accès à Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux, notamment après des attentats, des mesures qui ont suscité l'inquiétude d'une partie de la communauté internationale, en particulier de l'Union européenne.

Le gouvernement a démenti procéder à pareille censure, mettant souvent en avant des pannes liées à une flambée des consultations après des événements importants.

Le Premier ministre, Binali Yildirim, a toutefois reconnu en novembre dernier que les autorités pouvaient être amenées à prendre ce genre de mesure pour dss raisons de sécurité.

(David Dolan et Can Sezer, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages