La Fracture avec Pio Marmaï : le film cannois sur les Gilets Jaunes qui enflamme la toile

·Journaliste ciné
·2 min de lecture
Copyright : Le Pacte/ Carole Bethuel

La twittosphère s’emballe depuis 48h en décontextualisant des propos tenus par Pio Marmaï lors de la conférence de presse cannoise de La Fracture de Catherine Corsini. 

« Macron, j’aimerais aller chez lui en passant par les chiottes et les tuyaux et lui péter la gueule » a-t-il déclaré. Mais l’acteur reprenait ici une citation du film que les réseaux sociaux lui attribuent personnellement… à tort. Une polémique de pacotille qui, par ailleurs, relègue malheureusement au second plan l’essentiel : le film lui-même.

VIDÉO : Pio Marmaï dézingué par Christophe Castaner après ses propos polémiques sur Emmanuel Macron :

Un hôpital à la croisée des chemins

Dans La Fracture, la réalisatrice d’Un amour impossible pose sa caméra dans un hôpital un jour de manif. Dans la salle d’attente, les chambres et les couloirs, se croisent un routier gilet jaune blessé à la jambe par des éclats de shrapnel, un couple d’intellectuelles parisiennes en pleine rupture, et une infirmière entièrement dévouée à ses patients.

Des gilets jaunes sans clichés

Chaque personnage voit ses a priori s’envoler à mesure que la rencontre se fait. Catherine Corsini expose avec beaucoup d’intelligence, et sans aucun didactisme, les raisons qui ont poussé son Gilet Jaune à manifester. Le personnage joué par Pio Marmaï échappe à la caricature du beauf décérébré et facho : le comédien campe avec beaucoup d’empathie un homme touchant qui ne voit plus d’issue possible, qui n’en peut plus de survivre (et non de vivre), qui est prêt à perdre sa jambe (voire pire) pour garder son emploi.

Une lutte des classes nuancée

Alors que tout semble les opposer, le gilet jaune et le couple de femmes apprennent à communiquer malgré leurs préjugés et leurs différences. Mais nul besoin de grand discours : c’est avant tout par l’humour et l’entraide forcée que se créé le lien. Si elle frise parfois l’hystérie (dans les scènes d’engueulade avec sa conjointe jouée par Marina Fois), le personnage incarné par Valeria Bruni Tedeschi est la soupape de ce film social : son absence de filtres (décuplé ici par une surmédicamentation) donne lieu à quelques répliques savoureuses. De quoi injecter un peu de légèreté dans une triste réalité.

Une révélation

Retenez bien ce nom : Assiatou Diablo Sagna. Infirmière dans la vie, elle incarne également une soignante à l’écran et vole quasiment la vedette à ses partenaires. A travers son portrait, c’est à l’ensemble du corps médical que le film rend hommage en pleine pandémie. Ce personnage est l’émotion vive de cette Fracture qui, malgré son sujet grave, est d’une implacable drôlerie… du moins jusqu’à son terme, suffocant.

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