La croissance en zone euro au plus bas depuis début 2015

(Reuters) - La croissance du secteur privé dans la zone euro est tombée en juillet à son plus bas niveau depuis début 2015, la solide performance des deux principales économies du bloc, l'Allemagne et la France, ne compensant pas la faiblesse observée dans les plus petits pays, montrent vendredi les premiers résultats de l'enquête mensuelle Markit auprès des directeurs d'achats.

Si les résultats de l'enquête sont meilleurs qu'attendu par les économistes interrogés par Reuters, le ralentissement de la croissance est susceptible d'accentuer les inquiétudes des responsables économiques et monétaires de la zone euro, confrontée à la perspective de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne depuis le vote britannique du 23 juin.

L'indice PMI composite "flash" de la zone euro a reculé à 52,9 en juillet, au plus bas depuis janvier 2015, après 53,1 le mois dernier alors que le consensus des économistes interrogés par Reuters le donnait en baisse à 52,5.

Un chiffre supérieur au seuil de 50,0 dénote une expansion de l'activité.

"L'indice principal a progressé pour l'Allemagne et la France mais il baisse pour l'ensemble de la zone euro, les autres pays enregistrant la plus faible croissance de l'activité depuis décembre 2012", a précisé le chef économiste de Markit, Chris Williamson. "Il y a une nette indication d'une détérioration des taux de croissance en Italie et en Espagne".

L'indice préliminaire pour le secteur manufacturier ressort en recul à 51,9 contre 52,8 en juin et 52,0 attendu par les économistes interrogés par Reuters.

Le PMI "flash" des services, est en baisse à 52,7, également au plus bas depuis janvier 2015, contre 52,8 le mois dernier et 52,3 attendu par le consensus des économistes.


* En ALLEMAGNE, la croissance du secteur privé a atteint son plus haut niveau de l'année en juillet et la première économie de la zone euro ne semble pas affectée pour l'instant par les conséquences du vote britannique en faveur du Brexit.

L'indice PMI composite "flash" a progressé à 55,3 en juillet, au plus haut depuis décembre 2015, après 54,4 le mois dernier. Le consensus des économistes interrogés par Reuters le donnait en baisse à 53,7.

Cet indice, qui prend en compte à la fois l'activité manufacturière et celle des services et représente donc plus des deux tiers de l'économie allemande, reste bien au-delà du seuil de 50 distinguant croissance et contraction de l'activité, un seuil au-dessus duquel il évolue depuis maintenant 39 mois consécutifs.

L'indice préliminaire pour le secteur manufacturier ressort toutefois en recul à 53,7 contre 54,5 en juin et 53,5 attendu par les économistes interrogés par Reuters. Il est pénalisé par un recul des nouvelles commandes et des embauches.

Le PMI "flash" des services, au contraire, progresse avec l'augmentation de l'activité pour atteindre 54,6 contre 53,7 le mois dernier et 53,2 attendu par le consensus des économistes.

Les perspectives d'activité dans le secteur ont toutefois touché un plus bas de neuf mois, ce qui souligne que certaines entreprises craignent un ralentissement de la croissance.

Malgré cela, Chris Williamson a estimé que les perspectives de l'économie allemande restaient encourageantes et que le vote sur le Brexit n'avait eu que très peu d'impact. Il a ajouté que la croissance de l'économie allemande devrait s'établir à 0,5% au troisième trimestre si les indices se maintiennent à leurs niveaux actuels.


En FRANCE, l'activité dans le secteur privé s'est stabilisée en juillet après son repli de juin, la légère croissance des services venant une nouvelle fois compenser la contraction dans l'industrie.

L'indice PMI composite s'est établi à 50,0.

Il s'inscrit en légère progression par rapport à son niveau du juin (49,6), un mois marqué par un climat social tendu sur fond de contestation du projet de loi Travail et dépasse les prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui l'attendaient en moyenne à 49,2.


En GRANDE-BRETAGNE, l'économie semble subir sa plus forte contraction depuis la crise financière mondiale après le vote du 23 juin pour la sortie du pays de l'Union européenne.

L'indice PMI "flash" du secteur des services, l'un des rares soutiens à la croissance ces derniers temps, est tombé à 47,4 pour juillet après 52,3 en juin, subissant la plus forte baisse mensuelle depuis le début des enquêtes et revenant à son plus bas niveau depuis mars 2009.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 49,2.

Le PMI manufacturier a quant à lui reculé à 49,1 après 52,1 en juin, au plus bas depuis février 2013.


(Marc Angrand et Marc Joanny pour le service français)

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