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L’Ukraine soupçonne la Russie d’avoir empoisonné l’épouse d’un chef du renseignement

Des militaires ukrainiens préparant des munitions d’artillerie lors d’un exercice anti-drone dans la région de Tchernigiv, en Ukraine, le 11 novembre 2023. (photo d’illustration)
SERGEI SUPINSKY / AFP Des militaires ukrainiens préparant des munitions d’artillerie lors d’un exercice anti-drone dans la région de Tchernigiv, en Ukraine, le 11 novembre 2023. (photo d’illustration)

UKRAINE - La Russie a-t-elle empoisonné l’épouse du chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov ? D’après Kiev, les soupçons ne font plus guère de doute.

« C’est l’hypothèse principale », a ainsi affirmé Andriï Ioussov, le porte-parole du renseignement ukrainien, ce mardi 28 novembre. Il assure qu’il s’agissait d’un empoisonnement délibéré aux métaux lourds, « notamment, mercure et arsenic », et non d’un accident.

Selon Andriï Ioussov, c’est bien Marianna Boudanova et non son mari, qui « était la cible ». « Il est tout simplement impossible d’atteindre directement le commandant (Boudanov) de cette manière », a estimé le porte-parole.

Marianna Boudanova, qui conseille le maire de Kiev Vitali Klitschko, a été hospitalisée « il y a plus d’une semaine », a-t-il ajouté. Il est en revanche impossible pour l’instant d’établir la date exacte de l’empoisonnement car « l’attentat a peut-être été prolongé dans le temps », a fait valoir le porte-parole.

Il a confirmé les informations de presse selon lesquelles les traces de métaux lourds avaient été par ailleurs découvertes chez « plusieurs » collaborateurs du renseignement militaire, sans donner d’autres détails.

Plus tôt dans la journée, une source au sein du renseignement avait confirmé à l’AFP que Marianna Boudanova souffrait d’une intoxication aux métaux lourds et recevait un traitement. Des analyses ont révélé qu’elle avait dans son organisme des traces de métaux lourds qui « ne sont pas utilisés dans la vie courante ou dans les affaires militaires ».

« Leur présence peut indiquer une tentative délibérée d’empoisonnement », selon une source au sein du renseignement citée par le site d’information Babel. « De toute vraisemblance », le poison a été délivré « avec la nourriture », a ajouté une source au sein des forces de l’ordre citée par le site Ukraïnska Pravda.

Visé par « plus de dix » tentatives d’attentat

« Elle se sentait mal, donc des analyses (médicales) ont été faites et celles-ci ont montré un empoisonnement », a-t-elle assuré, affirmant que Marianna Boudanova se sentait mieux et avait fini « la première étape du traitement ».

Kyrylo Boudanov, 37 ans, a acquis une aura presque légendaire depuis le début de l’invasion en occupant ce poste clé. Il dirige le département du renseignement militaire au sein du ministère de la Défense depuis 2020, et cette structure est considérée comme responsable de plusieurs attaques contre la Russie depuis le début de l’invasion russe en février 2022.

Les autorités russes l’accusent notamment d’avoir organisé en octobre 2022 l’attaque qui a partiellement détruit le pont reliant la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou, à la Russie.

Kyrylo Boudanov a indiqué en août que son épouse vivait avec lui « dans son bureau de travail » et ne le quittait jamais pour des raisons de sécurité depuis le début de l’invasion. « Nous sommes toujours ensemble, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept », expliquait Marianna Boudanova dans une interview à l’édition ukrainienne du magazine Elle, publiée en octobre 2022.

Elle précisait avoir appris à « contrôler ses émotions » bien avant l’invasion, quand son mari partait pour de longues missions dans l’est de l’Ukraine, région où des séparatistes prorusses soutenus par Moscou ont pris les armes contre Kiev dès 2014.

Deux mois plus tôt, le porte-parole du service de renseignement Andriï Ioussov a affirmé que Kyrylo Boudanov avait été visé par « plus de dix » tentatives d’attentat.

Des bombes avaient notamment été placées dans sa voiture en 2019, une opération qui aurait été orchestrée par les services russes de sécurité (FSB), selon le procureur général ukrainien.

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