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L’UE ne convainc pas Israël à suivre son plan de paix pour le Proche-Orient

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont retrouvés lundi pour évoquer un plan de paix en 10 points pour la bande de Gaza. Le document propose la libération des otages et la reprise du principe d'une solution à deux Etats. Leurs homologues saoudien, jordanien et égyptien avaient fait le déplacement à Bruxelles, ainsi que les chefs de la diplomatie palestinienne et israélienne, qui ne sont pas rencontrés.

Toutefois, la réunion a pris une tournure inattendue lorsque le ministre israélien a montré à ses interlocuteurs une vidéo de 2017 qui détaille une île artificielle au large de Gaza, et dont l'objectif n'a pas été clairement identifié.

Pour le haut représentant de l'UE, l'Etat hébreu aurait dû employer autrement son temps et concentrer ses efforts pour évoquer l'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne.

"Le ministre israélien nous a expliqué ses projets d'îles artificielles au large de Gaza et de liaisons ferroviaires avec l'Inde, qui semblent avoir été imaginés il y a sept ans. Cela n'avait donc pas grand-chose à voir avec la réunion que nous avons eue avec lui, aujourd'hui", avoue Josep Borrell.

"Les Etats membres lui ont tous dit qu'ils comprenaient que la solution pour une paix permanente et durable qui garantisse la sécurité d'Israël, non seulement avec des moyens militaires, mais aussi à travers la coexistence avec les voisins, passe par la création d'un Etat palestinien", explique-t-il.

L'Union dit s'accorder sur la nécessité de mettre un terme aux souffrances à Gaza. Les 27 ministres ont appelé les autorités israéliennes à laisser entrer davantage de camions humanitaires pour empêcher une famine dans l'enclave et apporter des médicaments et du matériel nécessaire pour sauver la vie des civils. Toutefois, les 27 n'ont pas trouvé de consensus en faveur d'en cessez-le-feu. Pour le ministre palestinien des Affaires étrangères, l'Etat hébreu peut en fait agir en toute impunité.

"Israël et (Benjamin) Nétanyahou savent pertinemment qu'ils jouissent de l'impunité. Et il n'y a pas de système de responsabilité contre eux. C'est pourquoi ils pensent qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. Ils ont librement violé toutes les lois. Ils ont commis tous les types de crimes, y compris le génocide. Ils n’en ont rien à faire, ils font ce qu'ils veulent", dénonce Riyad al-Maliki.

La réunion a été décrite comme intense. Israël refuse de s'engager en faveur d'une solution à deux Etats, et l'UE admet que cette solution ne peut être imposée par une force extérieure.