L’UE "déterminée" à appliquer l’accord sur les migrants avec Ankara

La Commission et le Conseil européens se sont dits mercredi déterminés à appliquer l’accord controversé sur les migrations passé en mars dernier avec la Turquie en dépit du refroidissement des relations avec Ankara après la répression qui a suivi le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier. /Photo prise le 14 décembre 2016/REUTERS/Vincent Kessler

STRASBOURG (Reuters) - La Commission et le Conseil européens se sont dits mercredi déterminés à appliquer l’accord controversé sur les migrations passé en mars dernier avec la Turquie en dépit du refroidissement des relations avec Ankara après la répression qui a suivi le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier.

Alors que des milliers de migrants débarquaient chaque jour sur les îles grecques de la mer Egée, la Turquie s’était engagée à les retenir sur son sol contre l’engagement des Vingt-Huit à financer leur séjour sur le sol turc et à supprimer les visas pour les citoyens turcs voyageant dans l’UE.

"Nous allons rester fidèles à notre accord avec la Turquie, quoi qu’il en soit de M. Erdogan", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en évoquant devant le Parlement européen l’ordre du jour du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, jeudi à Bruxelles.

"Les chiffres parlent d’eux-mêmes", a-t-il ajouté en évoquant les 90 arrivées de migrants recensées désormais chaque jour sur ces mêmes îles grecques.

"Les dirigeants sont déterminés à ne pas revenir à la situation que nous avons connue l’année dernière et à continuer à faire baisser le nombre de migrants irréguliers qui arrivent dans l’UE", a confirmé le secrétaire d’Etat slovaque Ivan Korcok, s’exprimant au nom de la présidence du Conseil européen.

"Le Conseil européen reste engagé à appliquer la déclaration signée avec la Turquie", a-t-il ajouté.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan menace régulièrement de cesser d’appliquer l’accord en raison du refus des Européens de lever les visas tant qu’Ankara ne révisera pas sa loi sur le terrorisme jugée trop extensive et propice à des violations des droits fondamentaux.

Les autorités turques ont incarcéré depuis la mi-juillet 36.000 personnes en attente de jugement et ont suspendu ou limogé plus de 100.000 fonctionnaires soupçonnés de connivence avec les auteurs du putsch manqué.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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