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« L’instrumentalisation de la Shoah par Elon Musk est abjecte »

Elon Musk en visite sur le site d'Auschwitz-Birkenau, le 22 janvier 2024.    - Credit:Yoav Dudkevitch/AP/SIPA / SIPA / Yoav Dudkevitch/AP/SIPA
Elon Musk en visite sur le site d'Auschwitz-Birkenau, le 22 janvier 2024. - Credit:Yoav Dudkevitch/AP/SIPA / SIPA / Yoav Dudkevitch/AP/SIPA

Samuel Lejoyeux préside l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). Il analyse le rapport alarmant du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) sur l'antisémitisme en France en 2023 : 1 676 actes recensés contre 436 en 2002, une augmentation de 1 000 % depuis l'attaque d'Israël par le Hamas, le 7 octobre…

Le Point : À première vue, ces statistiques semblent aussi impressionnantes que tristement prévisibles…

Samuel Lejoyeux : En effet. Cette augmentation est conforme à ce que nous constatons depuis le 7 octobre. Mais avant d'être prévisible, elle est surtout effrayante. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah n'a pas suscité un mouvement de solidarité à travers le monde, mais a diffusé de la haine.

Faut-il en déduire que la faiblesse d'Israël constitue un carburant privilégié de l'antisémitisme ?

Je ne pense pas. Lors du conflit de 2014 à Gaza, une flambée d'antisémitisme avait suivi la très forte riposte d'Israël. Ces statistiques ne peuvent être qu'une corrélation de plusieurs facteurs. Des préjugés antisémites présents à l'état latent dans la société, tels que la complaisance avec certains discours antisémites, notamment ceux qui prennent le masque de la haine d'Israël. Leur instrumentalisation par différentes forces qui ont choisi de se placer dans le sillage du Hamas : l'extrême gauche en France, les mouvements islamistes dans le monde. Enfin, l'intervention de puissances étrangères, comme la Russie, qui serait à l'origine de [...] Lire la suite