Publicité

L’Inde s’interroge sur les promesses et les dangers des remèdes amincissants

“Le médicament miracle”, annonce, sans ambages la une de l’hebdomadaire conservateur India Today, sous l’image d’un comprimé en forme de pèse-personne portant en gros l’inscription “sémaglutide”.

Ce terme désigne le principe actif de nouveaux médicaments comme l’Ozempic, commercialisé en Occident par le géant pharmaceutique danois Novo Nordisk originellement pour combattre le diabète. Mais, rappelle le magazine indien, “au lieu d’être utilisé pour le traitement du diabète et de l’obésité clinique, il est désormais acheté pour perdre du poids par vanité.”

L’Inde est un marché porteur : 101 millions de diabétiques et 136 millions de prédiabétiques, soit “une population malade plus importante que l’ensemble de la population du Brésil”, explique le magazine. Près du quart des Indiens sont en surpoids ou obèses, et la moitié souffrent d’obésité abdominale.

Mirage

Logique, donc, que “lorsque Novo Nordisk a lancé en Inde le Rybelsus, la version orale de l’Ozempic, le médicament n’a pas tardé à être adopté sans réserve”. Et, même s’il est officiellement prescrit sur ordonnance, “il semble bien que nous devions déjà faire face aux prémices d’un marché gris en pleine effervescence” autour du sémaglutide et de ses dérivés. India Today s’en inquiète :

“Les témoignages de célébrités, le marketing à outrance et le désespoir peuvent certainement nous inciter à croire en ce remède miracle, mais un peu de circonspection ne serait pas de trop.”

Effets secondaires inquiétants, dangers mortels d’une utilisation abusive, absence de données sur les effets à long terme… Le miracle est surtout un mirage, résume en substance le journal indien, qui signale que, dès qu’on arrête le traitement comme amincissant, la reprise de poids est automatique.

Surtout, ce type de traitement n’est réservé qu’à l’élite indienne, puisqu’il est extrêmement onéreux : près de 10 000 roupies, soit 110 euros, pour une boîte de trente comprimés – ce qui équivaut à la moitié du salaire moyen.

“Ces médicaments miracles peuvent nous rendre optimistes, conclut India Today. Mais le meilleur remède contre le diabète et la perte de poids reste de changer de mode de vie. Sinon, ils peuvent être une malédiction.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :