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L’Espagne, “un pays où il fait bon vivre, mais pas travailler”

En 2021, 381 000 professionnels espagnols avaient préféré quitter le pays afin de parachever leur formation à l’étranger ou bien pour y poursuivre leur carrière. En 2022, ils étaient 426 000, selon une étude de la Fondation BBVA et de l’Instituto Valenciano de Investigaciones Económicas (IVIE). “Chaque jour, ils sont plus d’un millier à partir. Des enseignants, des scientifiques, des techniciens, des ingénieurs”, déplore l’écrivain Andreu Missé dans El País.

Plus de la moitié de ces professionnels qualifiés ou très qualifiés travaillent aujourd’hui pour des entreprises européennes, d’autres s’installent aux États-Unis. “Les professionnels espagnols sont actuellement tirés au sort par les entreprises européennes. Le pays perd un capital humain extrêmement important”, constate pour sa part le chroniqueur économique du quotidien madrilène, qui pointe la faible productivité de l’économie espagnole.

“Dans chaque ville d’Europe ou d’Amérique où j’ai vécu ou bien où je suis passé, j’ai rencontré de jeunes [Espagnols] brillants, alertes, enthousiastes, toujours très appréciés dans leur milieu professionnel. Partis à l’étranger pour faire un master ou un doctorat, ils ne sont jamais revenus. Et ce n’est pas leur faute”, poursuit Andreu Missé.

Pour un professionnel hautement qualifié, quitter l’Espagne est assez facile, y revenir exercer sa profession au niveau de qualification atteint reste beaucoup plus difficile, voire impossible, explique-t-il. Les projets de retour tournent court “faute d’opportunités” et à cause du clientélisme qui sévit dans le pays.

“Un palmarès académique international ne pèse pas lourd pour décrocher un poste universitaire dont l’annonce publique n’est qu’une arnaque puisque le nom de celui qui va l’occuper est connu d’avance.” Trop souvent, “avoir des connaissances pointues et être capable de les mettre en pratique est beaucoup moins important que de connaître quelqu’un”.

Découragés par de telles perspectives, ces jeunes confient souvent : “L’Espagne est un pays où il fait bon vivre, mais ce n’est pas un bon pays pour travailler.” À propos de ces jeunes professionnels condamnés à l’expatriation, Andreu Missé parle de la “diaspora invisible” de ceux qui finissent par devenir des “étrangers permanents” aussi bien dans leur pays d’accueil que dans leur pays d’origine.

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