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L’Azerbaïdjan menace de réduire l’Arménie à un “cul-de-sac”

Le 10 janvier, à un mois d’un scrutin présidentiel anticipé, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, a accordé un entretien programmatique aux chaînes de télévision locales, relayé dans sa totalité par le site azerbaïdjanais Report. Aliev s’y félicite d’avoir “entièrement restauré la souveraineté du pays”, après avoir récupéré, en septembre 2023, à la suite d’une offensive sanglante, la totalité du territoire du Haut-Karabakh, provoquant l’exode de plus de 100 000 Arméniens de ces terres, où ils vivaient depuis trois mille ans.

“Le déroulement de ces événements a montré – et je pense que cela devrait servir de leçon non seulement à l’Arménie, mais aussi à ceux qui la soutiennent [la France et les États-Unis] – qu’il est impossible de nous parler dans un langage de menaces ou de se comporter avec arrogance”, a-t-il martelé.

Le journal arménien Golos Armenii relève qu’Aliev a “de nouveau soulevé la question du corridor de Zanguezour”, ce projet d’ouverture d’un couloir de communications à travers la région méridionale arménienne de Siounik, qui donnerait à l’Azerbaïdjan un accès sans entrave à son exclave du Nakhitchevan, et au-delà, relierait par voie terrestre la Turquie à l’Asie centrale.

Le leader azerbaïdjanais a menacé : “Si cette route n’est pas ouverte, nous n’ouvrirons la frontière avec l’Arménie nulle part ailleurs. Ainsi, ils en retireront plus de mal que de bien”, et demeureront “à jamais dans un cul-de-sac [géographique]”. “Pour la première fois, on entend une menace directe de transformer l’Arménie en ‘cul-de-sac’ ou en ‘île’”, relève le site russe Vzgliad.

SOURCE : A. ANDERSEN, G. EGGE, G. PATSKHALADZE (2010)
SOURCE : A. ANDERSEN, G. EGGE, G. PATSKHALADZE (2010)

Pas de doute pour Golos Armenii : il s’agit là d’une “nouvelle menace pour la souveraineté de l’Arménie et d’une nouvelle revendication territoriale ouverte. Cette déclaration nous rappelle que ce corridor [qui se trouverait annexé de fait si Bakou parvenait à ses fins] n’est pas seulement une idée de Bakou, mais un objectif stratégique du tandem turco-azerbaïdjanais.”

Le président de la Commission parlementaire permanente pour la défense et la sécurité de l’Arménie, Andranik Kotcharian, a rétorqué à Aliev : “Le renforcement de notre État et de notre système de sécurité obligera les forces armées azerbaïdjanaises à quitter nos territoires”, relaie le site Russia Armenia Info. Quant au Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, perdant des deux guerres du Karabakh (en 2020 et en 2023), il a estimé que “les revendications territoriales de Bakou ne contribuent pas au processus de paix”, rapporte le journal russe en ligne Gazeta.ru.

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