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L’avenir du laboratoire de Marie Curie à Paris est désormais tranché, après la polémique

Le laboratoire de Marie Curie sera « déplacé » mais pas « détruit », annonce Rachida Dati
DIMITAR DILKOFF / AFP Le laboratoire de Marie Curie sera « déplacé » mais pas « détruit », annonce Rachida Dati

CULTURE - Compromis trouvé pour le laboratoire de Marie Curie. Le Pavillon des Sources, petit bâtiment parisien du site historique des travaux de Marie Curie, tout près du Panthéon, ne sera finalement pas détruit mais déplacé « pierre par pierre » de quelques mètres, a annoncé ce mercredi 31 janvier la ministre de la Culture Rachida Dati sur France Inter.

La destruction avait été initialement envisagée car l’Institut Curie voulait y construire un bâtiment de cinq étages pour y installer « le premier centre de chimie biologique sur le cancer en Europe ». Une polémique était née autour du projet entre les défenseurs de la science et ceux du patrimoine, ces derniers considérant que la destruction de ce bâtiment représenterait une atteinte grave à la mémoire de Marie Curie. La démolition avait été arrêtée in extremis début janvier par la précédente ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, demandant d’envisager « toute alternative possible ».

Le Pavillon des Sources « ne sera pas détruit », « il sera déplacé de quelques mètres », « pierre par pierre » et « le centre de lutte contre le cancer pourra être développé et modernisé », a finalement assuré sa successeure rue de Valois. « Tout le monde est gagnant-gagnant » se félicite-t-elle.

Derrière la polémique, l’affrontement Dati/Hidalgo

« Nous nous réjouissons de la position prise à la fois par la ministre de la Culture, Rachida Dati, et par la ministre de la Recherche, car c’est un travail qui a été réalisé en lien étroit avec Mme Sylvie Retailleau », a commenté auprès de l’AFP le Pr Alain Puisieux, directeur du centre de recherche de l’Institut Curie. « Cette position permet de concilier l’ambition médico-scientifique, tout en y associant une dimension mémorielle très importante », a-t-il poursuivi. Ce responsable estime que l’ensemble des travaux devrait être achevé au début de l’année 2026.

Le projet de démolition de ce bâtiment n’était pas celui de la mairie de Paris, mais cette dernière l’a soutenu en délivrant le permis. Or Rachida Dati s’est toujours présentée en opposante de la maire, Anne Hidalgo.

Rachida Dati, en tant qu’élue parisienne, avait ainsi déjà écrit en octobre à sa prédécesseure pour lui demander l’inscription du site « à l’inventaire des monuments historiques ». Elle déplorait que la « préservation du patrimoine parisien » soit « trop peu prise en compte par la mairie de Paris dans les opérations d’urbanisme qu’elle autorise ».

Sur France Inter, Rachida Dati a d’ailleurs souligné que la démolition n’a pas été arrêtée par l’ex-ministre mais par « notre mobilisation, avec des collectifs défendant le patrimoine et les élus de l’opposition à Paris ». Avant de vanter son action : « j’avais saisi ma prédécesseure, ça a traîné, je suis arrivée et c’est comme pour la grève à Beaubourg que j’ai déminée en quelques jours grâce à la responsabilité des représentants syndicaux et des dirigeants », a-t-elle insisté, en référence à la fin de la mobilisation sociale annoncée deux jours plus tôt.

« Dans le domaine du patrimoine, je sais, chère Rachida, que tu vas veiller au destin du Pavillon des Sources de Marie Curie », avait déclaré Rima Abdul Malak le 12 janvier lors de la passation de pouvoir au ministère de la Culture.

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