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L’assaillant de Paris, Armand Rajabpour-Miyandoab, envisageait de cibler des « sites juifs »

Le Franco-Iranien de 26 mis a été mis en examen et écroué mercredi soir, après son attaque samedi près de la Tour Eiffel qui a fait un mort et deux blessés.

La garde à vue de l’assaillant de Paris a permis d’en savoir plus sur ses motivations. Le Franco-Iranien Armand Rajabpour-Miyandoab, qui a été mis en examen mercredi soir par un juge d’instruction antiterroriste puis écroué pour l’attaque mortelle au couteau samedi soir près de la tour Eiffel, a affirmé avoir répondu à un « appel fin octobre de l’État islamique, demandant à tuer des juifs », selon une source judiciaire.

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L’homme de 26 ans, qui a prêté allégeance à l’État islamique, dit avoir agi « en réponse aux exactions, selon lui, de l’État d’Israël sur la bande de Gaza ».

Il a aussi indiqué avoir envisagé « plusieurs cibles », et notamment le jardin mémoriel des enfants du Vel d’Hiv, en mémoire des enfants juifs raflés les 16 et 17 juillet 1942 pendant la Shoah. « Il y avait des sites juifs envisagés, mais pas que », précise la source judiciaire.

Le suspect a également indiqué, d’après une source proche de l’enquête, ne pas avoir supporté que la tour Eiffel ait été allumée « aux couleurs d’Israël » après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre.

Lors de sa garde à vue, il est apparu « désincarné » et « froid », selon une source proche de l’enquête.

Longue barbe noire et égratignures au visage

Mercredi, il a été mis en examen pour assassinat et tentative d’assassinat, en relation avec une entreprise terroriste et en état de récidive légale, et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat).

Un juge des libertés et de la détention (JLD) a ensuite décidé de son placement en détention provisoire, comme l’avait requis le Pnat, mais aussi de son placement à l’isolement. « J’ai combattu cette mesure », a précisé son avocate Clémentine Perros, mais le juge a estimé qu’elle était nécessaire pour « la sécurité de mon client et des agents pénitentiaires ».

Lors de l’audience devant le JLD, l’assaillant est apparu l’air concentré, avec une longue barbe noire et des égratignures au visage, vêtu d’une polaire grise, a constaté une journaliste de l’AFP. Les débats se sont ensuite tenus à huis clos.

Son avocate n’a pas souhaité s’exprimer sur le fond du dossier. « Il y a déjà eu énormément de fuites », a-t-elle regretté auprès de la presse. « Vous savez déjà qu’il s’est exprimé largement lors des 96 heures de gardes à vue ». Il a en revanche gardé le silence devant le juge d’instruction, selon une source judiciaire.

Connu des services de renseignement pour son islamisme radical et ses troubles psychiatriques, Armand Rajabpour-Miyandoab a tué samedi soir un touriste germano-philippin de 23 ans à coups de couteau, et blessé deux autres personnes à coups de marteau, près de la Tour Eiffel, moins de huit mois avant les Jeux olympiques dans la capitale.

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